La France votera contre l'accord avec le Mercosur en raison du « rejet unanime » qu'il suscite au Parlement


Plusieurs tracteurs devant l'Arc de Triomphe, le 8 janvier 2026, à Paris (France), pour protester contre l'accord avec le Mercosur.

-Ana López

MADRID, 8 janvier (EUROPA PRESS) –

Le gouvernement français votera demain contre l'accord entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, qui nécessite une majorité qualifiée pour avancer, comme l'a confirmé ce jeudi l'Elysée, invoquant le « rejet unanime » qu'il suscite au Parlement.

Dans le communiqué publié, la France a assuré être favorable au libre-échange, mais a indiqué que le traité avec le Mercosur répond à un mandat obsolète de 1999 dont la négociation a subi de nombreux retards.

En outre, il a indiqué que l'augmentation du PIB de l'UE pour 2040 sera de 0,05%, c'est pourquoi il a jugé « injustifié » de laisser « exposé » le secteur primaire européen, qu'il considère « essentiel pour la souveraineté alimentaire ».

Paris a reconnu que la Commission européenne a approuvé des clauses de sauvegarde contre d'éventuelles distorsions des prix en Europe qui peuvent être activées à la demande de tout État membre ou des représentants du secteur agricole.

De même, il a mis en avant les « normes de production réciproques » en termes de santé, d'environnement et de bien-être animal, mais aussi en termes d'application de contrôles sanitaires et phytosanitaires dans les pays tiers. Il a également évoqué les fonds supplémentaires engagés dans la Politique agricole commune (PAC) à partir de 2028.

Le gouvernement français votera cependant contre l'adoption de l'accord avec le bloc commercial latino-américain en raison du « rejet unanime » qu'il suscite en interne.

« Malgré ces avancées indéniables, force est de constater que l'accord a été rejeté à l'unanimité par la classe politique, comme le démontrent clairement les récents débats à l'Assemblée nationale et au Sénat. Dans ce contexte, la France votera contre la signature de l'accord », résume le document.

Ainsi, la France rejoindra la Hongrie, la Pologne et l'Irlande pour rejeter le texte. Bien que l'UE et les pays du Mercosur aient annoncé la fin des négociations il y a plus d'un an, l'accord est toujours en attente de ratification car la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a d'abord besoin d'un mandat des Vingt-Sept pour pouvoir le signer.

Après une première tentative avortée en décembre en raison du rejet de la France et de l'Italie, la décision sera à nouveau discutée ce vendredi au niveau des ambassadeurs de l'UE lors d'une séance à huis clos au cours de laquelle un vote sur le sujet est attendu si la présidence actuelle confirme qu'il y a un soutien suffisant.

Pour avancer, la décision nécessite une majorité qualifiée établie dans au moins 15 pays représentant au moins 65 % de la population européenne. Malgré les réserves des quatre pays, si l'Italie finit par le soutenir, le projet se poursuivra.