La France négocie avec plusieurs pays un front commun contre Bruxelles sur les sanctions contre les constructeurs

Paris veut éviter de nuire aux constructeurs automobiles qui n'atteindront pas leurs objectifs de réduction des émissions en 2025

MADRID, 4 novembre (EUROPA PRESS) –

Le gouvernement français d'Emmanuel Macron négocie avec plusieurs États membres de l'Union européenne la création d'un front commun contre l'exécutif communautaire de l'allemande Ursula Von der Leyen pour éviter l'application de sanctions aux constructeurs automobiles qui ne respectent pas les objectifs de réduction. des émissions de dioxyde de carbone en 2025.

« Les constructeurs engagés dans l'électrification des véhicules ne devraient pas avoir à payer d'amendes », a déclaré ces dernières heures le ministre de l'Economie, Antoine Armand, dans une interview au journal « Les Echos » recueillie par Europa Press.

Depuis 2019, le règlement européen baptisé « CAFE » prévoit une trajectoire de réduction des émissions de dioxyde de carbone des voitures vendues sur les différents marchés communautaires qui conduira à l'interdiction de facto en 2035 des nouvelles immatriculations de voitures à combustion.

Dans quelques mois, en janvier 2025, Bruxelles a déjà annoncé qu'elle commencerait à appliquer cette réglementation, qui exigera en pratique une réduction des émissions de 15 % par rapport aux niveaux d'avant 2020, ce qui signifie devoir vendre en seulement huit semaines. une voiture électrique pour quatre thermiques.

Les projections varient quant au montant total des pénalités que devraient payer les fabricants qui ne respectent pas ces quotas de vente. L'industrie estime qu'elle se situerait entre 10 000 et 16 000 millions d'euros.

Toutefois, des sources du marché assurent à Europa Press que dans leur scénario central, l'impact potentiel pourrait être limité à 5,1 milliards d'euros.

« La France souhaite que la Commission européenne propose une solution spécifique pour que les acteurs véritablement engagés dans la transition vers les voitures électriques n'aient à payer d'amende qu'après 2025, sans remettre en cause la trajectoire de décarbonation de la mobilité », admet l'exécutif français. En tout cas, ils admettent que leur intention est de discuter de l'application des sanctions, mais pas de rouvrir le débat sur la réglementation européenne.

EUROPE DE L'EST ET ITALIE, OBJECTIFS

Pour atteindre cet objectif, Paris entend rassembler une coalition des capitales autour de sa cause. Le ministre français de l'Economie est en déplacement officiel ce lundi et mardi prochain à Bruxelles pour assister aux réunions de l'Eurogroupe et de l'Ecofin. De son côté, Marc Ferracci, le ministre délégué de l'Industrie, est à Berlin pour tenter de convaincre le gouvernement allemand et l'industrie automobile du pays, la plus forte d'Europe.

Dans ce contexte, le soutien des pays d’Europe de l’Est à l’initiative française semble prévisible. La Roumanie, par exemple, bastion de Dacia (groupe Renault), sans voiture électrique à batterie à son catalogue, à l'exception de la Spring importée de Chine, considère que le plan d'électrification européen est trop agressif.

Début septembre, l'Italie a demandé à Bruxelles une révision complète de la réglementation, craignant que cette mesure ne provoque « l'effondrement » de l'industrie automobile communautaire.

« L'Europe a besoin d'une vision pragmatique, la vision idéologique a échoué. Nous devons le reconnaître », a commenté le ministre italien de l'Industrie, Adolfo Urso.

Par ailleurs, ces dernières heures, la République tchèque a déclaré qu'elle se joindrait à la demande de ces pays. « [Los fabricantes] Ils n'y parviennent pas parce que l'intérêt pour les voitures électriques a diminué dans toute l'Union européenne », a déclaré lundi le ministre des Transports de ce pays, Martin Kupka.

Les ventes de véhicules électriques ont chuté de 2,6 % en Europe cette année jusqu'en septembre, selon l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), entraînées par la réduction des subventions sur les principaux marchés comme l'Allemagne.