La Communauté valencienne exige des clauses de sauvegarde agiles et efficaces à Bruxelles pour protéger les campagnes


La Generalitat exige à Bruxelles des clauses de sauvegarde agiles et efficaces pour protéger les agriculteurs et les éleveurs

– VAB

VALENCE, 26 janvier (EUROPA PRESS) –

Le ministre de l'Agriculture, de l'Eau, de l'Élevage et de la Pêche, Miguel Barrachina, a exigé à Bruxelles la mise en œuvre de clauses de sauvegarde, de contrôles efficaces aux frontières et d'un traitement égal dans les accords commerciaux pour protéger les agriculteurs et les éleveurs espagnols contre la concurrence déloyale des produits de pays tiers.

Après sa participation au premier Conseil des ministres de l'Agriculture et de la Pêche de l'année tenu à Bruxelles, représentant les communautés autonomes espagnoles, Barrachina a souligné que « le nouveau semestre est une opportunité pour la réconciliation de la Commission européenne avec les agriculteurs et les éleveurs, qui, à de nombreuses reprises, ne connaissent pas en profondeur les débats qui ont lieu à Bruxelles et ne partagent pas leurs objectifs », rapporte la Generalitat.

Le responsable de l'Agriculture a déclaré qu' »il peut y avoir une réconciliation si l'on veut réellement garantir d'abord des clauses de sauvegarde, des contrôles efficaces aux frontières et un traitement égal en termes de normes, et ensuite seulement avancer sur de nouveaux accords commerciaux ». Selon lui, « on ne peut pas faire l'inverse, en approuvant des traités sans réelles garanties de contrôle ou de mécanismes de défense ».

« L'agriculteur espagnol se conforme aux règles les plus exigeantes au monde. Le minimum est que l'Europe garantisse que quiconque veut vendre ici respecte les mêmes normes », a-t-il souligné.

Comme expliqué, la position défendue implique un renforcement global des mécanismes de protection du secteur agricole européen, en commençant par l'application immédiate de clauses de sauvegarde en cas de baisse des prix ou de situations de concurrence déloyale, même lorsque l'impact affecte exclusivement un État membre ou une région spécifique. « Nous ne pouvons pas attendre des mois pour réagir alors que le mal est déjà fait », a-t-il prévenu.

Il a par ailleurs défendu que ces mesures doivent être accompagnées de limites claires sur les importations bénéficiant de droits de douane réduits, ainsi que de contrôles efficaces et homogènes aux frontières : « Sans contrôles réels, les clauses restent lettre morte ».

Barrachina a insisté sur la pleine application des clauses miroir, afin que les produits importés répondent aux mêmes exigences en matière d'environnement, de santé, de bien-être animal et de travail que celles exigées des producteurs européens. « Ce n'est pas du protectionnisme ; c'est une question de justice et de bon sens », a-t-il souligné.

FUTUR PAC

Concernant la future Politique Agricole Commune (PAC), il a exigé un cadre doté de ressources suffisantes : « Si nous sommes ceux qui ont le plus d'obstacles et de contrôles, nous devons également avoir une compensation économique. » Il a ainsi défendu une augmentation des ressources dans le prochain cadre financier européen pour garantir la rentabilité des exploitations, la stabilité du secteur et le changement de génération.

L'édile a mis en garde contre la nécessité pour la future PAC post-2027 de ne pas diluer ou affaiblir les instruments clés pour la viabilité du secteur, et a exigé des garanties suffisantes pour que des mesures telles que le soutien à l'irrigation ne soient pas menacées dans la prochaine période de programmation. Il a également plaidé pour que les régions jouent un rôle de premier plan dans la conception et l'application de la politique agricole.

« Les communautés autonomes gèrent la vie quotidienne des campagnes et nous connaissons leurs vrais problèmes », a-t-il souligné, exigeant que l'Europe écoute le territoire si elle veut des politiques efficaces et un changement générationnel viable dans le secteur agricole.

FRONT AGRICOLE RÉGIONAL EUROPÉEN

Par la suite, lors d'une réunion avec le coordinateur de la Coalition Agriregions, Malone Rolland, Barrachina a défendu la consolidation d'un front agricole régional européen qui promeut une PAC plus juste, équilibrée et indépendante. Lors de cette réunion, à laquelle a participé la secrétaire régionale de Représentation auprès de l'Union européenne et des Communautés autonomes, Ruth Merino, l'édile a souligné la contribution spécifique de la Communauté valencienne au débat européen, en soulignant son expérience en matière d'agriculture méditerranéenne durable, d'innovation agroalimentaire et de gouvernance régionale.

Barrachina a souligné le rôle de l'agriculture méditerranéenne à haute valeur ajoutée, la pertinence d'une gestion efficace de l'eau, l'utilisation responsable des ressources ou le rôle de la Communauté dans l'innovation agroalimentaire : « Notre territoire peut fournir des connaissances appliquées et des solutions pratiques pour faire progresser la modernisation et la résilience des systèmes agricoles européens ».

Un autre des axes abordés a été l'expérience des régions en matière de gouvernance territoriale et de gestion des programmes de développement rural, avec une référence particulière à la gestion décentralisée des fonds du FEADER, au soutien aux petites et moyennes exploitations agricoles, au coopérativisme et aux stratégies territoriales. De l'avis de l'édile, cette expérience s'inscrit pleinement dans la nécessité d'une PAC plus flexible et adaptée aux besoins locaux, notamment dans les milieux méditerranéens.

Dans le même temps, Barrachina a souligné l'engagement de la Communauté en faveur de l'économie circulaire et de l'innovation dans la gestion des ravageurs et des maladies, ainsi que la promotion de l'agriculture biologique. Et il a insisté sur le fait que les régions doivent avoir un rôle actif et reconnu dans la conception des politiques agricoles européennes, car elles sont les administrations les plus proches du territoire et celles qui appliquent la PAC sur le terrain.