BRUXELLES, 24 octobre (EUROPA PRESS) –
La Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE) confirmé ce jeudi que les États membres ont l'obligation de protéger les œuvres d'art sur le territoire de l'Union quel que soit le pays d'origine de la pièce ou la nationalité du créateur.
La justice européenne répond ainsi à une question préjudicielle posée par la Cour suprême des Pays-Bas, qui doit se prononcer sur le procès intenté par un fabricant de meubles suisse, Vitra, contre la chaîne de meubles néerlandaise Kwantum pour prétendue violation du droit d'auteur d'une chaise conçue par. quelques créateurs américains il y a plusieurs décennies.
La conception, connue sous le nom de 'Dîner Sidechari Boisest exposé au Museum of Modern Art de New York depuis 1950 et, selon Vitra, a été copiée par la chaîne néerlandaise et commercialisée sous le nom de « chaise Paris ».
La Convention internationale de Berne établit qu'un auteur étranger bénéficiera des mêmes droits que les auteurs nationaux dans les pays signataires dudit pacte, bien que les œuvres des arts appliqués constituent une exception à ce principe puisque celles qui sont uniquement protégées sont exclues dans leur pays d'origine. origine sous forme de dessins ou de modèles afin qu'ils ne se cumulent pas avec le droit d'auteur.
Cependant, la Haute Cour de Luxembourg établit dans son arrêt que les États membres ne sont plus compétents pour appliquer les dispositions pertinentes de la Convention de Berne mais plutôt la directive qui harmonise les éléments du droit d'auteur et qui ne comporte aucun critère relatif au pays d'origine de ces œuvres ou à la nationalité de leur auteur.
Par ailleurs, la CJUE précise que l'application de la clause de réciprocité matérielle prévue dans la Convention de Berne remettrait en cause l'objectif de la directive d'harmoniser le droit d'auteur dans le marché intérieur car les œuvres d'art étrangères pourraient être traitées différemment dans les différents Etats membres.