La CJUE approuve l'exigence d'un permis de séjour de longue durée pour accéder à l'aide sociale


Dossier – Une audience devant la Cour de Justice de l'UE (CJUE) en Grande Chambre.

– LAURENT ANTONELLI / COUR DE JUSTICE DE L'UE

BRUXELLES, 5 mars (EUROPA PRESS) –

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a entériné ce jeudi qu'un État membre impose aux ressortissants de pays tiers qui demandent à bénéficier de l'aide sociale de se conformer à l'obligation de disposer d'un permis de séjour de longue durée, puisque le principe d'égalité de traitement qui s'applique au système de sécurité sociale des travailleurs ne couvre pas uniquement les subventions d'assistance.

L'arrêt de la Haute Cour européenne répond au recours d'un citoyen albanais titulaire d'un permis de séjour temporaire en Italie, avec droit de travail, à qui l'État a refusé une subvention d'assistance sociale pour ne pas être titulaire d'un permis de séjour de longue durée, une condition établie par la loi italienne.

L'arrêt précise que le principe d'égalité de traitement ne s'applique qu'aux mesures de sécurité sociale destinées aux personnes actives sur le marché du travail, qui sont des aides qui couvrent les risques expressément prévus par la réglementation européenne, sont accordées sur une base discrétionnaire et sont financées par les cotisations versées par les travailleurs et les employeurs.

En revanche, l'aide sociale réclamée par le demandeur est une prestation spéciale en espèces, de nature non contributive et donc indépendante de toute période de travail effectuée, ayant pour objectif de couvrir un état de besoin dérivé du dénuement.

Pour cette raison, explique la Cour basée à Luxembourg dans son arrêt, elle n'est pas intégrée dans la notion de « sécurité sociale », mais plutôt dans celle d'« assistance sociale », en charge des finances publiques de l'État membre d'accueil.

Dans ce contexte, la législation communautaire n'oblige pas les autorités nationales à respecter le principe d'égalité de traitement lors de l'octroi de ce type de subventions sociales, elles sont donc libres de subordonner l'octroi de l'aide à l'exigence de prouver un certain degré d'intégration dans le pays d'accueil.

Rappelons en effet qu'un citoyen de l'Union ne peut bénéficier d'une prestation d'assistance sociale dans l'État membre d'accueil s'il ne dispose pas d'un droit de séjour permanent sur ce territoire.