– Alejandro Martínez Vélez – Europa Press
MADRID, 14 janvier (EUROPA PRESS) –
La ministre de la Défense, Margarita Robles, a appelé mercredi l'Union européenne (UE) à « réagir » aux menaces proférées par le président des États-Unis, Donald Trump, à l'encontre du Groenland, tout en prévenant qu'il existe des instruments juridiques pour protéger ce territoire. « L'UE ne peut pas être un acteur secondaire », estime-t-il.
Dans des déclarations aux médias au quartier général de l'armée, Robles a souligné qu'une action américaine sur le sol groenlandais « violerait l'ordre juridique international » comme l'opération militaire américaine au Venezuela et estime que la situation exige que l'UE fasse preuve de « leadership ».
« L'Espagne comprend que ce leadership doit être présent », a souligné le ministre, qui a critiqué le fait que le bloc « est resté silencieux sur une éventuelle invasion du Groenland ».
Robles a développé cette réflexion. « L'UE ne peut en aucun cas être un acteur secondaire, l'UE a un contenu politique, de sécurité et de défense qui n'a peut-être pas été suffisamment développé jusqu'à présent », a-t-il souligné.
LE TRAITÉ DE L'UE
Si les États-Unis finissent par annexer le Groenland, Robles a fait allusion aux « instruments juridiques » qui pourraient être appliqués, mais n'est pas entré dans les détails. Ce mercredi précisément, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, n'a pas précisé si l'UE est obligée d'appliquer l'article 42.7 du Traité sur l'Union européenne, qui établit la défense mutuelle et prévoit l'assistance en cas d'attaque d'un membre. Quoi qu’il en soit, il a appelé à une politique de sécurité et de défense commune au sein de l’UE, au-delà de l’OTAN.
Trump rencontre ce mercredi les autorités danoises et groenlandaises à la Maison Blanche. Robles a exprimé l'espoir que les négociations aboutiront à ce que l'invasion n'ait pas lieu.
« Je trouve difficile de concevoir et peu acceptable qu'un pays membre de l'OTAN puisse commettre un acte contraire à l'intégrité territoriale d'un autre pays membre, car alors non seulement cela va à l'encontre du droit international, mais nous légitimerions d'autres comportements », a-t-il indiqué.
UNE ARMÉE COMMUNE
En revanche, interrogé sur la création d'une armée européenne, le ministre a prévenu que « ce n'est pas simple ». Mais si l'initiative devait se concrétiser, il a souligné que cette force ne serait pas offensive, mais plutôt de maintien de la paix et de dissuasion.
« Nous ne croyons pas en une armée européenne qui va attaquer un lieu, nous croyons en une armée qui accomplit des missions de paix et de préservation de la paix », a-t-il souligné.