Bustinduy défendra devant l'UE un taux de 2% pour les « ultra-riches » dont les actifs dépassent les 100 millions


Le ministre des Droits sociaux, de la Consommation et de l'Agenda 2030, Pablo Bustinduy, lors d'une conférence de presse après la réunion du Conseil des ministres, le 10 février 2026, à Madrid (Espagne)

– Gabriel Luengas – Europa Press

MADRID, 13 février (EUROPA PRESS) –

Le ministre des Droits sociaux, de la Consommation et de l'Agenda 2030, Pablo Bustinduy, défendra devant le Conseil de l'Union européenne (UE) la nécessité de mettre en œuvre un nouvel impôt sur les « ultra-riches », connu sous le nom de taxe Zucman, qui propose d'imposer les actifs dépassant 100 millions d'euros à 2% par an.

Bustinduy participe ce vendredi au Conseil EPSCO (Emploi, Politique sociale, Santé et Consommateurs) de l'UE, qui se tient à Chypre, où il défendra la nécessité de mettre en œuvre ce nouveau taux « pour renforcer le pilier social européen à un moment où il est remis en question par les partis d'extrême droite », comme il l'a prévenu dans des déclarations préalables au Conseil.

« Nous devons démontrer que l'État social fonctionne et qu'il est capable de défendre les intérêts des citoyens ordinaires, en garantissant des conditions minimales de bien-être, de liberté et de sécurité », a-t-il souligné.

Dans cette optique, le ministre défendra la nécessité de « réinventer le modèle de protection sociale » et de renforcer les politiques sociales comme « la meilleure réponse pour affronter ceux qui répondent avec autoritarisme et isolement aux défis de notre temps ».

Partant de cette idée, que l'Europe garantit des services publics de qualité et un système fiscal équitable pour les financer, Bustinduy présentera au reste des ministres présents à ce conseil européen la nécessité de taxer les actifs dépassant 100 millions d'euros au taux de 2% par an.

Le ministre Bustinduy prône ainsi l'application du « taux Zucman », du nom du prestigieux économiste qui l'a inventé et qu'il a rencontré la semaine dernière à Paris.

Le ministre considère que ce taux est « décisif » pour renforcer les démocraties européennes en s'engageant de manière décisive en faveur de la cohésion sociale, en distribuant les richesses pour réduire les inégalités et en renforçant les droits sociaux.

« Un système fiscal plus juste et plus efficace est la réponse que l'Union européenne doit apporter à la concentration des richesses et du pouvoir des magnats qui se laissent menacer. L'avenir de l'Europe implique de continuer à construire et à élargir les politiques sociales qui nous ont permis de fonder un horizon collectif de certitude, de bien-être et de sécurité », a déclaré Bustinduy devant le Conseil.

LEVÉE DE 5 200 MILLIONS D'EUROS

Bustinduy a également souligné que rien qu'en Espagne, l'application du « taux Zucman » permettrait de récolter jusqu'à 5,2 milliards d'euros, selon les estimations de l'Observatoire fiscal de l'Union européenne, « un chiffre avec lequel la lutte contre la pauvreté des enfants en Espagne pourrait être renforcée par l'adoption d'une allocation universelle pour l'éducation des enfants ».

Cette mesure proposée par le ministre est l'une des actions prioritaires incluses dans la stratégie de développement durable qui a été approuvée ce mardi en Conseil des ministres.

C'est pour cette raison que, lors de son intervention dans le débat politique sur la future Stratégie de l'Union européenne contre la pauvreté, Bustinduy défendra également la nécessité d'approuver le plus rapidement possible une allocation universelle d'éducation des enfants, qu'il défend comme l'outil le plus efficace pour réduire la pauvreté des enfants, comme le démontrent les données des pays où cette mesure est déjà appliquée.

En effet, après le Conseil, Bustinduy rencontrera Dara Calleary, ministre de la Protection sociale d'Irlande, qui est l'un des nombreux pays européens dans lesquels cette prestation est déjà en place. En Irlande, ce projet a été approuvé en 2024 et a déjà permis de réduire considérablement la pauvreté des enfants.

De même, en ce qui concerne l'allocation universelle d'éducation, Bustinduy expliquera que cette mesure doit aller de pair avec un modèle fiscal plus juste, redistributif et progressif, et soulignera qu'il ne s'agit pas d'une aide mais d'un droit de citoyenneté. « Et c'est pourquoi il doit être universel, parce que c'est un droit, et parce que de cette façon, il pourra atteindre directement les familles qui en ont le plus besoin et qui sont souvent difficiles à atteindre avec des prestations ciblées », a-t-il déclaré.

Parallèlement, à propos de l'allocation universelle d'éducation, Bustinduy expliquera que cette mesure doit aller de pair avec un modèle fiscal plus juste, redistributif et progressif, et soulignera qu'il ne s'agit pas d'une aide mais d'un droit du citoyen. « Et c'est pour cela qu'il doit être universel, parce que c'est un droit, et parce qu'ainsi il pourra atteindre directement les familles qui en ont le plus besoin et qui sont souvent difficiles à atteindre avec des prestations ciblées », a-t-il indiqué.

SOINS DE LONGUE DURÉE

Le deuxième bloc de la journée sera axé sur les soins de longue durée et le vieillissement actif. Dans ce domaine, Bustinduy parlera des nouveaux défis posés aux démocraties européennes par l'évolution démographique, avec des populations dont l'espérance de vie augmente et qui, comme il le soutiendra, nécessite un changement pour se matérialiser dans un modèle de soins plus axé sur les personnes et leurs besoins.

« Le vieillissement est un acquis démocratique », a déclaré à plusieurs reprises le ministre, soulignant que la priorité du Gouvernement en la matière doit être de consolider un système public de soins qui abandonne le modèle social et soit capable de garantir la dignité des personnes âgées ou en situation de dépendance.

« Notre engagement est d'établir la réforme globale du modèle que nous avons entrepris, afin qu'il soit plus proche et permette à ces personnes de rester chez elles autant que possible et comme elles le souhaitent », a conclu Bustinduy.