Bruxelles veut accélérer les normes techniques pour faciliter la commercialisation des produits dans l'UE


Dossier – Un drapeau de l'Union européenne flotte devant le bâtiment du Berlaymont, siège de la Commission européenne.

– Anna Ross/dpa – Archives

BRUXELLES, 6 octobre (EUROPA PRESS) –

La Commission européenne a proposé mardi d'accélérer le développement de normes techniques qui établissent les exigences auxquelles doivent répondre les produits et services pour être vendus dans toute l'Union européenne, avec une réforme qui vise à réduire le temps moyen nécessaire à leur élaboration de six à quatre ans et à garantir le libre accès à celles liées à la législation communautaire.

Ces normes établissent les spécifications auxquelles doit répondre un produit, un service ou un procédé, depuis la sécurité d'un jouet jusqu'à la compatibilité d'un chargeur de téléphone, et permettent aux entreprises d'utiliser les mêmes exigences techniques pour commercialiser leurs produits dans les différents pays de l'Union sans avoir à les adapter à des règles nationales différentes.

Pour raccourcir les délais, l'Exécutif communautaire propose de fixer des délais « plus clairs » pour élaborer les normes qu'il demande et de simplifier les procédures, en plus de permettre le recours dans certains cas à des spécifications techniques déjà existantes pendant que la norme finale est achevée. Il prévoit également que d'autres organisations spécialisées peuvent participer aux travaux en cas de besoins urgents ou très spécifiques.

Avec ces changements, Bruxelles estime que le processus pourrait être raccourci d'un tiers, passant de six ans actuellement à quatre ans, ce qui permettrait aux produits de prouver plus rapidement qu'ils répondent aux exigences communautaires et, par conséquent, d'accéder plus rapidement au marché européen.

La réforme prévoit également que les normes harmonisées et celles citées dans la législation européenne puissent être consultées gratuitement, après que de récents arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) ont établi qu'elles font partie du droit communautaire et doivent donc être disponibles gratuitement.

Selon l'Exécutif communautaire, la mesure toucherait quelque 3.650 des près de 27.000 normes actuellement disponibles dans les catalogues des organismes européens de normalisation, et Bruxelles propose de créer des référentiels spécifiques pour faciliter leur consultation par les entreprises, les administrations publiques, les organisations de la société civile et les citoyens.

La proposition vise également à faciliter la participation des petites et moyennes entreprises à l'élaboration de ces règles techniques, en obligeant les organismes nationaux de normalisation à réduire les coûts d'intervention des PME dans le processus, tout en renforçant la présence de représentants de la société civile, du monde universitaire et des pouvoirs publics.

Bruxelles souhaite également renforcer la coordination européenne dans l'élaboration de normes internationales, notamment face au poids croissant des technologies stratégiques comme l'intelligence artificielle, la cybersécurité ou les batteries, domaines dans lesquels elle reconnaît que l'UE a de plus en plus de difficultés à disposer de normes à temps pour prouver le respect de sa législation.

A cette fin, la Commission propose de créer un Centre d'experts en normalisation européenne, chargé de mieux coordonner les priorités communautaires en la matière et d'orienter la position européenne, alors que la réforme doit désormais être négociée et approuvée par le Parlement européen et les Vingt-Sept avant d'entrer en vigueur.