Bruxelles insiste sur le fait qu'elle présentera cette année des mesures contre les locations touristiques dans les zones stressées


Dossier – Un immeuble d'habitations locatives publiques.

– CONSEIL MUNICIPAL DE GETAFE – Archives

BRUXELLES, 12 janvier (EUROPA PRESS) –

Le commissaire européen au logement, Dan Jorgensen, a défendu ce lundi que le futur plan sur les locations à court terme – que la Commission prévoit de présenter cette année dans le cadre d'une loi sur le logement abordable – se concentrera sur la définition des « zones de stress » et donnera aux autorités une « boîte à outils » pour limiter les impacts négatifs sans imposer une interdiction générale dans toute l'UE.

Lors du premier échange de vues de l'année avec les députés de la commission spéciale du Parlement européen sur le logement, Jorgensen a insisté sur le fait que la proposition ne dira pas aux villes et aux régions « qu'elles doivent faire ceci ou cela », mais fixera des critères pour identifier les zones en difficulté et leur fournira des mesures avec « sécurité juridique » pour mettre fin au déplacement des résidents.

Parmi les options mentionnées par le commissaire figurent le plafonnement du nombre de nuits louées par an, les restrictions saisonnières – par exemple, autoriser les locations touristiques en été et les utiliser pour des logements étudiants le reste de l'année – ou la différenciation entre hôtes professionnels et non professionnels, une distinction qui, prévient-il, est essentielle pour faire face à la « professionnalisation » de l'entreprise, qui se traduit dans de nombreux endroits par l'achat de bâtiments entiers et l'expulsion de la population locale.

En outre, Jorgensen a souligné que la spéculation et l'utilisation des logements à des fins exclusivement financières sont à l'origine d'une partie de la pression sur le marché résidentiel et a averti que, tant qu'il sera rentable de conserver des propriétés vides, « les spéculateurs le feront ».

De la même manière, le commissaire a reconnu qu'il existe actuellement des lacunes dans les données et un manque de transparence pour mesurer la spéculation sur le continent. « Je dois reconnaître que nous n'avons pas encore la vision générale nécessaire pour le démontrer », a-t-il admis, tout en défendant la nécessité de disposer d'une base empirique solide avant de proposer de nouvelles mesures.

Entre autres choses, il a souligné la fiscalité comme l'un des outils possibles pour décourager ces pratiques, tout en précisant qu'il s'agit d'un domaine dans lequel les décisions appartiennent principalement aux États membres.

Le commissaire a fait valoir qu'une solution unique pour l'ensemble de l'Union n'est pas viable, étant donné que les réalités nationales et territoriales sont très différentes, et a averti qu'imposer des définitions homogènes depuis Bruxelles pourrait donner une image « trompeuse » du problème. « Ce serait aller trop loin de décider d'ici une solution qui fonctionne pour tous les pays », a-t-il déclaré.

En ce sens, il a rappelé que près de 20% des logements dans l'UE sont vides, une situation qu'il considère « particulièrement préoccupante » en période de crise du logement, et il a insisté sur le fait que la Commission se limitera à offrir un cadre et des outils aux États membres pour décider comment agir.