– ALEXANDROS MICHAILIDIS / CONSEIL EUROPÉEN
BRUXELLES, 11 décembre (EUROPA PRESS) –
Le commissaire économique de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a soutenu jeudi l'accord que les gouvernements de l'UE sont en train de finaliser pour immobiliser indéfiniment les avoirs russes gelés en Europe, une décision qui interdit leur transfert vers la Russie pendant que la guerre continue et qui, selon le Letton, fournit « une base solide » pour maintenir le blocus sans dépendre du renouvellement semestriel des sanctions.
« Ce règlement interdit le transfert des avoirs russes immobilisés et interdit à la Russie de les utiliser pour poursuivre la guerre d'agression contre l'Ukraine », a déclaré le commissaire à l'Economie.
Comme il l'a expliqué, la proposition est liée « aux dommages économiques que la guerre d'agression cause à l'Ukraine et aux attaques hybrides que la Russie provoque contre l'économie européenne ».
Dombrovskis a souligné que la nouvelle base juridique évite de dépendre du régime de sanctions, qui exige le renouvellement des sanctions qui permettent l'immobilisation tous les six mois, et qu'elle fonctionnera parallèlement à ce système.
Ce faisant, a-t-il expliqué, cela garantit que les avoirs restent bloqués et élimine l'un des « facteurs de risque » liés à la procédure de renouvellement.
Interrogé sur les réserves exprimées par la Belgique, Dombrovskis a évité de commenter « la position d'un État membre spécifique », tout en soulignant que la Commission a évalué la proposition « d'un point de vue juridique » et a analysé « les éventuels dommages économiques directs et indirects » qu'elle pourrait générer, y compris les effets sur les prix de l'énergie et d'autres impacts dérivés du contexte de guerre.
ÉTAPE PRÉCÉDENTE POUR LE PRÊT DE RÉPARATION
Les pays de l'Union européenne sont parvenus ce jeudi à un accord pour immobiliser indéfiniment les 210 milliards d'euros d'avoirs russes gelés sur le sol de l'Union européenne, une étape préliminaire pour renforcer les garde-fous avant de recourir à la liquidité de ces avoirs pour financer le « prêt de réparation » à l'Ukraine que les dirigeants européens espèrent parvenir à un consensus lors du sommet de la semaine prochaine.
L'accord d'une « écrasante majorité » de partenaires, comme l'ont informé des sources européennes à Europa Press, a soutenu ce jeudi au niveau des ambassadeurs la révision de l'article 122 des traités de l'UE qui permettra d'interdire tout transfert d'actifs vers la Russie pendant la durée de la guerre, sur la base de cette clause exceptionnelle qui peut être activée à la majorité qualifiée.
La possibilité d'opter pour ce mécanisme qui ne nécessite pas l'unanimité permet aux Européens d'éviter la menace continue de veto que présente la Hongrie chaque fois qu'une décision majeure doit être prise concernant l'Ukraine, y compris la prolongation tous les six mois du paquet de sanctions par lequel les 210 milliards d'euros d'actifs de la Banque centrale russe hébergés dans des entités de dépôt européennes restent gelés.
En effet, après la décision des ambassadeurs, en attendant sa formalisation par procédure écrite au plus tard vendredi à 17 heures, le gouvernement de Viktor Orbán a publié une déclaration sévère pour indiquer clairement qu'il s'oppose catégoriquement à la décision « sans précédent » qui implique d'étendre les sanctions contre la Russie « sur une base juridique incorrecte » afin de « se soustraire » à l'obligation d'unanimité qui correspond à ce type de prise de décision.