– María José López – Europa Press – Archive
SÉVILLE, 10 décembre (EUROPA PRESS) –
Asaja-Sevilla a annoncé qu'elle participerait activement à la grande manifestation convoquée par le Copa-Cogeca à Bruxelles le 18 décembre, une mobilisation à laquelle sont attendus plus de 10 000 agriculteurs de 25 pays européens et une quarantaine d'organisations agricoles. La manifestation coïncide avec le sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne et avec le départ de la présidente Ursula von der Leyen au Brésil pour conclure l'accord commercial avec le Mercosur.
Comme le rapporte l'entité dans une note, une délégation d'Asaja-Séville composée de membres de la Diputación Forale, de représentants régionaux, coopératifs et sectoriels se rendra à Bruxelles pour « faire entendre la voix de la campagne sévillane à un moment décisif pour l'avenir de l'agriculture européenne ». Ainsi, l'organisation rejoint l'appel « après des mois d'alerte sur l'approche erronée et déconnectée de la réalité agricole que la Commission européenne est en train d'adopter », affirme-t-elle.
La proposition de nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034 et la réforme de la PAC représentent, selon Asaja, « une menace existentielle pour le secteur agricole européen ». Les organisations du Copa-Cogeca avaient déjà averti que « la CE a franchi toutes les lignes rouges qui compromettent la sécurité alimentaire de l'Europe », parmi lesquelles l'intégration de la PAC dans un fonds unique, « démantelant sa spécificité et affaiblissant » le Traité de l'UE.
De l'autre, une réduction du budget de 24 %, qui ramènerait le poids de l'agriculture à moins de 15 % des dépenses européennes totales, privant ainsi le secteur agricole de 92,5 milliards d'euros ; la fin de la structure à deux piliers de la PAC (aide directe et développement rural) ; une plus grande complexité administrative, « au moment même où les agriculteurs réclament moins de bureaucratie », et la perte du caractère commun de la politique agricole, qui, selon lui, « ouvre la porte aux inégalités entre les États membres ».
Dans ce contexte, Asaja-Sevilla a souligné que ces propositions « mettent en danger les revenus des agriculteurs, la cohésion territoriale, la capacité de modernisation, la compétitivité du secteur », ainsi que « la souveraineté alimentaire européenne et la capacité de fournir de la nourriture à tous les citoyens de l'UE à des prix abordables ».
Les principaux groupes politiques du Parlement européen, du Comité des régions et de la majorité des États membres se sont déjà prononcés contre cette proposition de CFP lors des réunions du Conseil.
Pour cette raison, l'entité a exhorté le président de la Junta de Andalucía, Juanma Moreno, à faire valoir devant le Comité des Régions de l'UE l'accord trouvé par toutes les OPA andalouses pour la défense de leur propre budget autonome pour la PAC, dans le but que « le Comité réitère son rejet d'une proposition de MFP qui réduit la gouvernance aux régions et territoires et marginalise l'activité agricole, qui aura ou non un financement selon la volonté de chaque État membre », qui, à son avis, « conduira à la croissance des inégalités et à la génération d'une concurrence déloyale au sein même de l'UE ».
REJET AVANT DE L'ACCORD AVEC LE MERCOSUR
De même, la manifestation du 18 décembre dénoncera également la politique commerciale injuste que promeut la Commission européenne et qui culmine avec l'accord avec le Mercosur, dont la signature devrait être accélérée précisément ce jour-là.
Ce traité « permettra l'entrée massive de produits agroalimentaires ne répondant pas aux normes européennes, générant une concurrence déloyale et mettant des secteurs sensibles comme le riz, la viande bovine et les agrumes dans une situation critique », a souligné l'entité.
La troisième revendication majeure d'Asaja-Sevilla à Bruxelles est « la nécessité d'une véritable simplification réglementaire dans l'UE », puisque, comme il l'a expliqué, « le secteur est étouffé par un volume croissant d'exigences, de contrôles et de nouvelles obligations qui rendent difficile la gestion quotidienne des exploitations agricoles ».
« La Commission européenne continue de parler de soutien au secteur agricole tout en multipliant les règles, les charges bureaucratiques et les exigences impossibles, très éloignées de la vie quotidienne des campagnes », a critiqué l'organisation. Enfin, Asaja a exigé que le gouvernement espagnol vote contre la proposition du MFP lors du Conseil européen du 18 décembre, défendant avec détermination les intérêts de l'agriculture et de l'élevage espagnols et s'opposant à un modèle budgétaire qui met en danger la durabilité et l'autonomie du secteur.
« Il est temps de dire haut et fort que sans une PAC forte, commune et bien financée, il n'y aura pas de sécurité alimentaire en Europe. Et il n'y aura pas d'avenir pour nos exploitations agricoles », a déclaré l'organisation.