– Carlos Castro – Europa Press – Archives
MADRID, 7 janvier (EUROPA PRESS) –
L'Association agraire des jeunes agriculteurs (Asaja) a exigé du gouvernement espagnol une position « claire et ferme » d'opposition à l'accord UE-Mercosur dans sa forme actuelle, coïncidant avec la réunion extraordinaire des ministres de l'Agriculture de l'Union européenne de mercredi, au cours de laquelle la Commission présentera une proposition visant à modifier le cadre financier pluriannuel (CFP) post-2027.
Concrètement, l'organisation agricole a exprimé sa position dans une lettre adressée au ministre de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation, Luis Planas, dans laquelle elle met en garde contre le « grave impact » que l'accord aurait sur des secteurs particulièrement sensibles comme le bœuf, la volaille, le sucre, l'éthanol, les agrumes, le riz, le miel ou le maïs, et contre le manque de réciprocité dans les normes sanitaires, environnementales et de traçabilité requises pour la production importée par rapport aux productions européennes, comme le rapporte un communiqué.
Asaja a précisé que l'accord, tel qu'il est actuellement proposé, met en danger la viabilité économique de milliers d'exploitations agricoles et d'élevage, dans un contexte déjà marqué par l'augmentation des coûts, la pression réglementaire et l'instabilité du marché.
L'organisation considère également que le règlement de sauvegarde proposé par la Commission européenne est « clairement insuffisant », car il ne permet pas d'action préventive ou automatique en cas de perturbations du marché.
En outre, il prévient que cet accord nuit non seulement aux agriculteurs et éleveurs européens, mais également aux consommateurs, en ouvrant la porte à des aliments produits selon des normes de qualité, de sécurité alimentaire et de durabilité inférieures à celles requises dans l'Union européenne.
Dans ce contexte, l'organisation rappelle la récente décision du gouvernement français d'interdire certaines substances phytosanitaires dans les fruits importés d'Amérique du Sud, ce qui confirme l'inquiétude croissante quant au manque de réciprocité.
Pour toutes ces raisons, l'organisation exige que le gouvernement espagnol n'utilise pas de compensations budgétaires pour justifier le Mercosur et défendre une politique agricole et commerciale cohérente qui protège la production européenne, garantisse une alimentation sûre et de qualité et préserve l'avenir des zones rurales.
D'autre part, Asaja a analysé la proposition que la Commission européenne présentera aujourd'hui aux ministres de l'Agriculture, qui envisage une augmentation potentielle de 45 milliards d'euros pour l'agriculture, à travers l'avancement des marges budgétaires du futur PTF, ainsi que l'ouverture de 48,7 milliards d'euros du Fonds rural pour des mesures agricoles.
Il existe également deux mesures supplémentaires concernant les engrais (CBAM ou « antidumping ») et la réciprocité commerciale avec les pays tiers.
Asaja prévient que ces fonds seraient volontaires pour les États membres, ce qui introduit un risque réel d'inégalité et de fragmentation du marché unique, si certains pays ne les demandent pas ou ne les appliquent pas de manière inégale. Il exige donc que tout renforcement budgétaire de la PAC soit « obligatoire, exclusif à l'agriculture et doté de son propre cadre de performance », qui prenne en compte des indicateurs socio-économiques et pas seulement environnementaux.