– LAURIE DIEFFEMBACQ – Archives
BRUXELLES, 3 novembre (EUROPA PRESS) –
La commission du contrôle budgétaire du Parlement européen a demandé mardi la création d'un canal unique pour signaler d'éventuelles fraudes avec les fonds de l'Union européenne, ainsi qu'une plus grande protection pour ceux qui signalent ces irrégularités et des mesures pour faciliter la récupération des fonds publics mal utilisés.
Ces propositions apparaissent dans un rapport approuvé par 25 voix pour, aucune contre et quatre abstentions, avec lequel les députés cherchent à renforcer la lutte contre l'utilisation illicite des ressources communautaires face au prochain budget pluriannuel de l'UE, à travers « une plus grande coopération » entre les autorités compétentes et un échange d'informations plus agile.
Concrètement, le texte propose de créer une plateforme numérique « unique et sécurisée » pour signaler les soupçons de détournement de fonds, dans le but que les alertes parviennent directement aux institutions chargées d'enquêter sur ces soupçons, sans qu'il soit nécessaire de s'adresser à différentes organisations.
Le texte appelle également à garantir la protection des lanceurs d'alerte contre d'éventuelles « représailles » à partir du moment où ils signalent une irrégularité, que les informations fournies débouchent in fine sur une enquête ou que le dossier soit archivé.
AMÉLIORER LA COORDINATION ENTRE LES AGENCES ANTIFRAUDE
Une autre priorité est de renforcer la coopération entre le Parquet européen (Parquet européen), chargé d'enquêter et de poursuivre pénalement les infractions affectant le budget communautaire, et l'Office européen de lutte antifraude (OLAF), qui mène des enquêtes administratives sur l'utilisation irrégulière des ressources européennes.
Concrètement, les députés proposent d'établir des règles plus claires pour éviter que les actions des deux organisations n'interfèrent l'une avec l'autre, en permettant la suspension de « de manière progressive et limitée dans le temps » de certaines enquêtes administratives lorsqu'elles pourraient nuire à une procédure pénale, mais en révisant périodiquement ces restrictions afin qu'elles puissent être reprises lorsqu'elles ne présentent plus de risque.
De même, ils proposent d'améliorer le contrôle de l'argent qui doit être restitué aux caisses communautaires après la détection d'irrégularités, avec un système centralisé qui permet de savoir combien a été récupéré, quels montants ont été considérés comme perdus et combien de temps nécessitent ces procédures.
Cette fonction reviendrait à l'OLAF, qui devrait également changer de nom pour refléter ses nouveaux pouvoirs, selon le rapport, qui insiste sur le fait que les enquêtes pénales ne devraient pas retarder de manière injustifiée les mesures administratives visant à protéger les fonds européens.
Le rapport, qui doit encore recevoir l'approbation de la session plénière du Parlement européen, servira à établir la position du Parlement concernant la révision du système antifraude européen que prépare la Commission européenne, dont la communication est prévue avant la fin de l'année.