– PARLEMENT EUROPÉEN
BRUXELLES, 22 octobre (EUROPA PRESS) –
Le Parlement européen a soutenu jeudi le report de trois ans de certaines obligations sur les émissions de méthane pour les importateurs de gaz naturel, de pétrole et de charbon, soit deux ans de plus que ce qui avait été proposé la semaine dernière par la Commission européenne, pour « garantir l'approvisionnement énergétique » de l'UE face aux tensions sur les marchés et à la hausse des prix de l'énergie provoquée par le conflit au Moyen-Orient.
La position, approuvée en séance plénière de Strasbourg (France) avec 341 voix pour, 225 contre et six abstentions, propose de prolonger jusqu'en 2031 les délais pour les entreprises de démontrer que les carburants qu'elles importent répondent à des exigences de contrôle des émissions équivalentes aux exigences européennes, ainsi que de présenter certains rapports sur le méthane, bien qu'elle exclue de cette prolongation les livraisons en provenance de pays sanctionnés par l'UE.
L'initiative va au-delà de la flexibilité proposée le 14 octobre par Bruxelles, qui envisageait un report d'un an de certaines obligations du règlement approuvé en 2024. Concrètement, les députés veulent donner jusqu'au 31 mai 2031 pour démontrer que les contrats de fourniture signés ou renouvelés depuis août de cette année incluent le pétrole, le gaz et le charbon soumis à des systèmes de mesure et de vérification équivalents à ceux communautaires.
Le même délai s'appliquerait à l'obligation de rendre compte des mesures adoptées pour adapter les contrats antérieurs, tandis que les producteurs et importateurs auraient jusqu'en août 2031, au lieu de 2029, pour soumettre leurs premiers rapports sur l'intensité en méthane des carburants qu'ils commercialisent, c'est-à-dire la quantité de ce gaz rejetée lors de leur production et de leur fourniture. Le Parlement européen propose également de donner trois ans supplémentaires aux opérateurs pétroliers et gaziers européens pour fournir des rapports vérifiés combinant les mesures effectuées au niveau de chaque source d'émission et de l'ensemble de leurs installations, avec de nouveaux délais fixés à février 2030 pour les opérations qu'ils gèrent directement et à août 2031 pour celles sur lesquelles ils n'exercent pas ce contrôle.
Le Parlement propose toutefois de maintenir le calendrier actuel des importations de pétrole, de gaz et de charbon en provenance de pays soumis à des sanctions européennes interdisant ou restreignant l'entrée de ces produits, qu'ils soient exportés directement ou qu'ils arrivent via des pays tiers.
Pour éviter que ces restrictions ne soient contournées, les députés veulent obliger les entreprises à déclarer séparément les quantités importées de ces origines, même lorsqu'elles font partie d'envois mélangés à du carburant en provenance d'autres pays, et charger la Commission d'établir une liste indicative des États concernés.
De même, le texte demande à l'Exécutif communautaire de présenter avant le 1er juillet 2029 un rapport sur l'application de la réglementation et ses éventuelles conséquences sur la sécurité d'approvisionnement, qui devra examiner, entre autres questions, les systèmes de sanctions nationaux, les mécanismes de vérification et les progrès dans le calcul des émissions.
Sur la base de cette évaluation, les députés proposent que Bruxelles propose de nouvelles modifications si des difficultés persistent dans l'application des obligations ou si des risques pour l'approvisionnement énergétique sont détectés.
La réforme doit maintenant être négociée entre le Parlement et le Conseil de l'UE, qui représente les gouvernements des Vingt-Sept, avant son approbation définitive, après que le Parlement européen a traité le dossier par la procédure d'urgence pour accélérer la modification des délais.