La Chine dépose une protestation officielle auprès de l'UE contre le rapport du Parlement européen « criblé de parti pris »


Dossier – Hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, France.

-Justin Tang/Zuma Press/Europa Press

MADRID, 9 octobre (EUROPA PRESS) –

La mission chinoise auprès de l'Union européenne (UE) a exprimé son « profond mécontentement » et a présenté une protestation formelle auprès du bloc suite à l'approbation d'un rapport du Parlement européen sur les relations politiques bilatérales, un document que Pékin considère comme « criblé de préjugés idéologiques » et d'arguments erronés contre la Chine.

Selon un porte-parole de la représentation diplomatique chinoise, le texte s'immisce dans les affaires intérieures du pays sur les questions liées à Taiwan, Hong Kong, le Xinjiang, le Tibet et les droits de l'Homme. De même, Pékin accuse le Parlement européen de promouvoir la « politisation » et la « sécurisation » des questions économiques et commerciales.

Face à cette situation, la mission diplomatique chinoise a exhorté l'UE à adhérer à son association, à respecter « sérieusement » ses intérêts fondamentaux et à cesser d'inciter à la confrontation, exigeant des actions concrètes pour sauvegarder le développement sain et stable des relations bilatérales.

La plainte de Pékin répond à une recommandation adoptée par le Parlement européen par 454 voix pour, 86 contre et 110 abstentions, qui exige des institutions communautaires qu'elles aient une politique plus ferme et plus fondée sur des principes à l'égard de la Chine, alliant dialogue et meilleure protection des intérêts européens.

Dans le rapport, les députés soulignent que les relations bilatérales ont atteint un point critique en raison des pratiques économiques déloyales de Pékin et de sa position concernant la guerre russe contre l'Ukraine.

En ce sens, le Parlement européen exprime sa profonde préoccupation face aux informations vérifiées selon lesquelles l’armée chinoise aurait entraîné des militaires russes à combattre en Ukraine, et appelle à coordonner les efforts avec les États-Unis et le G7 pour faire pression sur Pékin afin qu’il utilise son influence sur Moscou pour mettre fin au conflit.

Sur le plan économique, le Parlement européen met en garde contre les défis croissants posés par la surcapacité industrielle chinoise, les subventions publiques et les restrictions d'accès au marché pour les entreprises européennes.

Les députés exigent la réciprocité et soutiennent une action proportionnée de l'UE si la Chine n'ouvre pas ses marchés intérieurs, préconisant une stratégie rigoureuse de réduction des risques axée sur des secteurs stratégiques tels que les matières premières critiques, les batteries, les véhicules électriques ou les semi-conducteurs.

Enfin, le texte exige la cessation de la répression et la libération inconditionnelle des prisonniers politiques. Les parlementaires ont également exprimé leur profonde préoccupation face aux politiques appliquées au Tibet et au Xinjiang, ainsi qu'à l'adoption de la loi pour la promotion de l'unité ethnique et du progrès, mettant en garde contre son potentiel à institutionnaliser davantage les politiques d'assimilation dans ce pays asiatique.