– FRED MARVAUX / PARLEMENT EUROPÉEN
BRUXELLES, 16 septembre (EUROPA PRESS) –
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé une proposition visant à interdire les réseaux aux mineurs de moins de 13 ans dans toute l'Union européenne et à leur permettre l'accès avec des restrictions jusqu'à 15 ans, suite aux recommandations du groupe d'experts « ad hoc » créé pour répondre à la pression de pays comme la France et l'Espagne qui exigent un âge minimum d'accès pour protéger les mineurs des risques dus au manque de contrôle des plateformes.
« Il est temps que l'Europe agisse », a-t-il défendu devant la séance plénière du Parlement européen réuni à Strasbourg (France), lors du débat sur l'état de l'Union (SOTEU), dont il a profité pour annoncer qu'il présenterait jeudi les détails d'une proposition de « Children's Act » européen (EU Kids Act, en anglais) qui fixe ces limites.
Sans connaître les détails lors d'une conférence de presse jeudi avec la vice-présidente pour la souveraineté technologique, la sécurité et la démocratie, Henna Virkkunen, Von der Leyen a déjà indiqué qu'il s'agirait d'une norme qui permettrait une « approche graduelle et différenciée », afin qu'elle tienne compte du fait que « chaque époque a ses propres sensibilités ».
Ainsi, l'objectif est que le nouveau cadre commun garantisse un « niveau de protection adapté » pour chaque tranche d'âge et garantisse en tout cas « qu'il n'y ait pas d'accès aux réseaux sociaux avant l'âge de 13 ans » et que la porte soit ouverte à un accès restreint à partir de cet âge jusqu'à 15 ans, quand ils pourront y accéder sans les limitations de cette règle.
Cet accès limité se fera à partir de « mini-comptes, installés et surveillés par les parents », avec des restrictions sur les paramètres de la plateforme qui garantissent une utilisation limitée, par exemple.
Les mineurs pourront désormais accéder aux réseaux sans surveillance dès l'âge de 15 ans, mais ils le feront jusqu'à 18 ans grâce à une conception adaptée que doivent proposer les plateformes pour garantir qu'ils naviguent sous un modèle de sécurité renforcé.
« Je suis conscient que le pouvoir des géants technologiques semble écrasant et impossible à renverser. Et je ne suis pas d'accord. Nous ne devons pas accepter des fonctions addictives et nous ne devons pas accepter que les enfants soient exposés à des contenus de plus en plus extrêmes », a-t-il exprimé, après avoir évoqué le cas d'Oléa, une jeune Belge de 14 ans, victime de harcèlement en ligne, qui s'est suicidée le mois dernier.
« Assez, c'est assez », a-t-il conclu, avant de défendre le cadre européen qui limite l'accès aux mineurs et d'assurer que « l'Europe a le pouvoir d'agir et de dicter ses propres règles » aux géants technologiques.
En outre, la conservatrice allemande a averti dans son discours devant le Parlement européen que « les mineurs ne sont pas les seuls à courir un risque » lorsqu'il s'agit de naviguer sur Internet sans limites, car les utilisateurs en général trouvent également les conceptions addictives « nocives pour tout le monde ».
Dans ce contexte, Von der Leyen a annoncé que cet automne, l'exécutif communautaire présenterait une proposition visant à élargir le cadre de protection contre ce type de modèles dans le cadre d'une nouvelle loi sur l'équité numérique.