BRUXELLES, 14 (EUROPA PRESS)
La haute représentante de l'Union européenne pour la politique étrangère, Kaja Kallas, a déclaré lundi que l'attaque russe contre un train de voyageurs en Ukraine, à seulement deux kilomètres de la frontière avec la Pologne, visait à « effrayer » les pays occidentaux pour qu'ils réduisent leur soutien à Kiev, ce à quoi elle a prétendu répondre en faisant « tout le contraire » et en démontrant que les alliés ne se laissent pas intimider par Moscou.
« Je pense que cela vise clairement à effrayer les pays occidentaux pour qu'ils cessent de soutenir l'Ukraine et se rendent en Ukraine pour montrer leur soutien », a déclaré Kallas dans des déclarations aux médias en marge du Sommet européen de l'Arctique, qui se tient à Rovaniemi, en Finlande.
En ce sens, le chef de la diplomatie européenne a interprété l'attaque comme « clairement un message au monde occidental » et a défendu que la réponse des partenaires de l'Ukraine doit être de maintenir leur soutien au pays face à l'invasion russe.
« La question pour nous est de savoir ce que nous retiendrons de ce message. Je pense que nous devrions faire exactement le contraire. Nous devons montrer que nous sommes aux côtés de l'Ukraine et que nous ne nous laissons pas intimider », a souligné l'homme politique estonien.
Kallas a prévenu que céder à ce type d’action permettrait à Moscou de faire avancer ses objectifs en Ukraine. « Sinon, la Russie obtiendra simplement ce qu'elle veut, c'est-à-dire la soumission de l'Ukraine », a-t-il assuré, rappelant que les ambitions de la Russie ne se limitent pas à Kiev, mais que « son objectif final va bien plus loin ».
SOLIDARITÉ AVEC LA POLOGNE
Quelques heures plus tard, le porte-parole des Affaires étrangères de l'UE, Christian Wigand, a réitéré lors d'une conférence de presse depuis Bruxelles le soutien du bloc communautaire à la Pologne après l'attaque russe à quelques kilomètres de sa frontière, exprimant son soutien à « tous les Etats membres dans cette situation ».
Il a également insisté sur le fait que l'UE « travaille ensemble » avec les Vingt-Sept pour renforcer les achats conjoints dans le domaine de la défense à travers des programmes tels que SAFE et une plus grande flexibilité introduite dans le Pacte de stabilité et de croissance.
De son côté, le porte-parole adjoint de l'Exécutif communautaire, Olof Gill, a souligné que l'UE prend « avec le plus grand sérieux » toute menace détectée à ses frontières orientales et a assuré que le travail réalisé par Bruxelles à tous les niveaux vise à « rassurer » les citoyens de Pologne et du reste des pays voisins de la Russie.
ACCIDENT VASCULAIRE CÉRÉBRAL
L'attaque a eu lieu ce dimanche dans la région ukrainienne de Volyn, où un drone russe a percuté la locomotive d'un train de voyageurs effectuant un trajet entre Kiev et Varsovie, à environ deux kilomètres de la frontière polonaise. Le convoi comptait 206 personnes, mais aucun blessé n'a été signalé.
Dans le train qui précédait immédiatement se trouvaient les anciens Premiers ministres du Royaume-Uni Boris Johnson et de la Suède Carl Bildt, ainsi que d'autres représentants européens revenant d'une conférence sur la sécurité tenue à Kiev. Les autorités ukrainiennes ont dénoncé l'attaque comme étant « délibérée ».