-NICOLA ORLANDO DANS X
MADRID, 31 août (EUROPA PRESS) –
Les légations diplomatiques de l'Union européenne (UE) et de ses États membres en Libye ont célébré l'accord signé ce dimanche par les factions libyennes pour progresser sur la « feuille de route » vers des élections tant attendues qui, après des décennies de conflit, auront lieu dans un délai maximum de 24 mois.
« Cet accord représente une étape importante vers l'unification des institutions et la création des conditions nécessaires à des élections nationales équitables », ont déclaré la délégation de l'UE et les missions diplomatiques des États membres en Libye dans un communiqué commun.
En ce sens, ils ont voulu reconnaître les partis « pour leur approche constructive, leur responsabilité politique et leur volonté de trouver un terrain d'entente dans l'intérêt de l'intérêt national ».
Dans le même sens, ils ont exhorté la Chambre des représentants et le Haut Conseil d'État à adopter les mesures nécessaires pour la « mise en œuvre rapide » de l'accord, tout en exhortant « toutes les institutions libyennes et les parties prenantes concernées à profiter de cette opportunité pour consolider les progrès réalisés et parvenir à un consensus permettant au pays de retrouver sa légitimité et son unité institutionnelle ».
Enfin, la diplomatie communautaire a souligné qu'elle continuerait à « soutenir la Libye et son peuple dans la défense de la souveraineté, de l'unité et de l'intégrité territoriale du pays », tout en réaffirmant son soutien aux efforts de la Mission de soutien des Nations Unies en Libye (MANUL) et de la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies pour la Libye, Hanna Tetteh, pour « faciliter un processus politique véritablement dirigé et réalisé par les Libyens eux-mêmes ».
L'Union européenne s'est exprimée ainsi après la ratification d'un texte qui s'accorde sur la nomination du président de la Commission électorale et sur le développement du cadre juridique des élections.
L'accord permet également aux citoyens ayant une double nationalité de se présenter à des fonctions publiques, à condition que le vainqueur renonce à sa double nationalité avant de prêter serment. Il permet également aux militaires de participer dans des cadres garantissant la neutralité et établit que le second tour des élections présidentielles n'aurait aucune raison d'exister si le premier tour était décidé à la majorité simple, en plus de mettre fin au lien entre ses résultats et les élections législatives.
Ces élections, selon le projet de texte recueilli par les médias libyens, se dérouleront sur « une période ne dépassant pas 24 mois, sous un pouvoir exécutif unique et des institutions nationales unifiées » et, dans le cas où cette unification s'avèrerait impossible, « les parties travailleront avec la mission de l'ONU pour trouver le meilleur mécanisme pour atteindre cette étape électorale », peut-on lire dans le texte.
Les deux principaux signataires, le Premier ministre du gouvernement de Tripoli, Abdulhamid Dbeibé, et le haut commandant des forces libyennes dans l'est du pays, Saddam Haftar, ont célébré cet accord comme un coup de pouce essentiel pour le pays. Mais le chef du Conseil présidentiel, Mohamed Menfi, s'y est opposé, allant jusqu'à dénoncer cette semaine sur les réseaux sociaux le manque de transparence du processus, même si sa signature n'est pas nécessaire pour valider le document.