Le PP accuse le gouvernement de transformer l'Espagne en un « distributeur de papier » avec la régularisation et le PSOE déclare : « C'est un progrès »


Dossier – Façade du Congrès des députés, le 5 février 2026, à Madrid (Espagne).

– Eduardo Parra – Europa Press – Archives

MADRID, 26 août (EUROPA PRESS) –

Le PP a accusé le gouvernement de faire de l'Espagne un « délivreur de papiers pour tous » de l'Union européenne avec la régularisation extraordinaire des migrants, tandis que le PSOE a défendu le processus et que « la régularisation avance ».

Cela a été révélé à la Députation Permanente du Congrès des Députés, lors de la demande promue par le PP d'exiger la comparution extraordinaire du ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, pour rendre compte de la régularisation extraordinaire des migrants. La demande a été rejetée par tous les groupes parlementaires, à l'exception de Vox et Junts, qui l'ont soutenue.

Au cours de son discours, le porte-parole du PP, Rafael Hernando, a qualifié la mesure d' »antidémocratique », « massive » et réalisée « derrière » le Parlement, accusant le gouvernement de générer un « effet d'appel » et de transformer l'Espagne en un « distributeur de papiers », en autorisant la régularisation « sans garanties strictes » ni conditions d'emploi.

De son côté, le socialiste Luc André Diouf a souligné, s'adressant à PP et Vox, que « l'intégration avec les droits c'est l'avenir, la régularisation c'est avancer, ce sont les droits, la protection et la sortie de l'exploitation par le travail ». En outre, il a rappelé que le processus nécessite le strict respect des exigences légales.

Pour Sumar, Enrique Santiago a défendu la régularisation extraordinaire comme une « reconnaissance des droits constitutionnels » pour les travailleurs qui vivent déjà dans le pays et a rejeté la convocation du ministre. « La régularisation extraordinaire des migrants est une reconnaissance de droits constitutionnels à ceux qui ne les avaient pas, bien qu'ils vivent avec nous », a-t-il souligné.

De son côté, Ignacio Gil, de Vox, a critiqué « l'imprévisibilité et le manque de contrôles adéquats » de la régularisation, qui, selon lui, est « un gaspillage en réduisant au maximum les exigences d'enracinement ». « La conséquence de cette régularisation accentue encore l'effet d'appel et avec lui l'effondrement des services sanitaires et sociaux, rend le marché du travail et les salaires précaires, aggrave le problème du logement et entraînera davantage de criminalité », a-t-il souligné.

Le porte-parole d'EH Bildu, Oskar Matute, a reproché au « populaire » d'utiliser ce débat d'été comme un « événement incontournable » tout en ignorant les « priorités » des citoyens. Il a notamment évoqué le logement, la précarité de l'emploi et la crise climatique et a critiqué les positions qui cherchent à « stigmatiser les migrants » en les associant au crime.

De son côté, Marta Madrenas, de Junts, a dénoncé la « politique d'immigration erratique et irresponsable » de l'Exécutif, qui ignore les dispositions policières et cache la véritable dimension du processus de régularisation. Ainsi, il a prévenu que la Catalogne assume un impact « absolument disproportionné » en recevant 25% de l'immigration étatique avec près de 260.000 demandes de régularisation, une situation qui, ajoutée au « déficit fiscal de 22 milliards », met à rude épreuve ses services publics, c'est pourquoi elle a exigé le transfert complet des compétences en matière de migration à la Generalitat.

Enfin, le porte-parole du PNV, Mikel Legarda, a avancé le vote contre sa formation à l'initiative du PP, estimant que la question peut être abordée pendant la période ordinaire des sessions et qu'elle est déjà en cours d'analyse au sein de la Commission de Sécurité Nationale. En outre, il a avancé l'impossibilité « matérielle » d'inscrire la convocation dans le calendrier du mois d'août, étant donné le grand nombre de comparutions de différents ministres déjà programmées à la Chambre pour expliquer la situation à Ceuta, qui totaliseront « au moins huit heures par jour ».