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MADRID, 12 août (EUROPA PRESS) –
L'Union européenne commence à appliquer ce mercredi 12 août le nouveau règlement européen sur les emballages et les déchets d'emballages. La norme, directement applicable dans tous les États membres, remplace le cadre en vigueur depuis 1994 et établit des obligations progressives pour les fabricants, distributeurs, supermarchés, bars, restaurants et hôtels.
Le règlement (UE) 2025/40 est entré en vigueur en février 2025, mais son application générale commence dès maintenant, après une période transitoire de 18 mois. Bon nombre des mesures ayant le plus grand impact sur les consommateurs et les entreprises seront déployées entre 2027 et 2040.
QU'EST-CE QUI A CHANGÉ DEPUIS CE MERCREDI ?
Désormais, les emballages destinés à entrer en contact avec des aliments contenant des substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées – connues sous le nom de PFAS ou « produits chimiques éternels » – ne peuvent plus être mis sur le marché au-delà des limites fixées par la norme.
La restriction concerne par exemple certains emballages en papier ou en carton bénéficiant de traitements résistants à la graisse ou à l'humidité. Cela n’implique pas une interdiction absolue de tous les PFAS dans un produit, mais s’applique plutôt aux emballages qui dépassent les seuils établis par le règlement.
De même, de nouvelles obligations d'information entrent en vigueur pour garantir la traçabilité des emballages, afin que les autorités puissent identifier son fabricant lorsqu'elles détectent un produit non conforme aux normes européennes.
Dans ce dernier cas, Bruxelles a précisé que les informations requises ne devront pas nécessairement figurer directement sur le produit, mais pourront être incluses dans les documents de livraison ou d'expédition, de sorte que les entreprises n'auront pas à modifier immédiatement l'étiquetage des produits qu'elles commercialisent déjà.
Dans cette première période, Bruxelles a demandé aux autorités nationales, en cas d'éventuel non-respect des obligations qui commencent à s'appliquer ce mercredi, de recourir d'abord aux avertissements et de donner aux entreprises un délai pour y remédier, au lieu d'imposer directement des sanctions ou de retirer leurs produits du marché.
QUE DEVIENNENT LE KETCHUP ET LES CONTENANTS EN PLASTIQUE DANS LES BARS ?
À partir du 1er janvier 2030, l'UE interdira certains formats d'emballages plastiques à usage unique. Il s'agit notamment de doses individuelles de condiments, de conserves, de sauces, de sucre ou de café au lait utilisés dans les bars, restaurants et autres établissements d'accueil.
La restriction s'appliquera également à certains contenants destinés à la consommation dans l'établissement d'accueil lui-même, comme les plateaux, assiettes et verres. Toutefois, ces interdictions ne s’étendront généralement pas aux doses uniques vendues dans les supermarchés pour la consommation domestique.
De même, dans certains cas, seront interdits les contenants en plastique à usage unique pour les fruits et légumes frais en quantité inférieure à 1,5 kilo et les petits contenants à usage unique pour les cosmétiques et l'hygiène proposés dans les hôtels et autres établissements d'hébergement, comme les petites bouteilles de shampoing.
QUE DEVIENDRA LE CAFÉ UNIDOSE ?
D’ici le 12 février 2028, les sachets perméables de thé et de café et les unités de boissons en portion individuelle qui ramollissent après utilisation doivent répondre aux exigences de compostabilité industrielle établies par la norme.
Le Règlement considère ces unités ainsi que les unités unidose non perméables utilisées dans les machines à café ou à thé comme des contenants. Cependant, la norme ne prévoit pas que les capsules de café rigides doivent disparaître ou être remplacées par des capsules compostables en 2028.
COMMENT LES BOUTEILLES EN PLASTIQUE VONT-ELLES CHANGER ?
Les bouteilles de boissons en plastique à usage unique doivent contenir, à compter du 1er janvier 2030, au moins 30 % de plastique recyclé issu de déchets post-consommation. Le pourcentage sera calculé par type et format d’emballage en moyenne annuelle par usine de fabrication.
L'exigence sera plus élevée en 2040, lorsque le minimum prévu pour ces bouteilles atteindra 65 %. Le Règlement fixe également des objectifs différenciés pour les autres contenants en plastique, selon qu'ils sont sensibles au contact – par exemple s'ils sont destinés à l'alimentation -, du matériau utilisé et de son format.
NOUVELLES POUR LE CONSOMMATEUR
D’ici le 12 février 2027, les établissements qui vendent des plats préparés ou des boissons à emporter devront se doter d’un système permettant aux clients d’utiliser leur propre contenant réutilisable.
Un an plus tard, soit le 12 février 2028, ces commerces devront également offrir la possibilité de recevoir les commandes à emporter dans un contenant réutilisable intégré à un système de réutilisation. En principe, cette deuxième obligation ne s’appliquera pas aux microentreprises.
À partir du 1er janvier 2029, les pays de l’UE devront, en règle générale, mettre en place des systèmes de consigne et de restitution des bouteilles en plastique à usage unique et des canettes de boissons d’un maximum de trois litres. Le consommateur paiera une caution lors de leur achat et la récupérera lors du retour du contenant vide. La mesure vise à parvenir à une collecte sélective de 90 % de ces conteneurs.