Bruxelles prévient que l'UE sera « vulnérable » tant qu'elle dépendra des pays voisins pour protéger ses frontières


Dossier – Le commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations, Magnus Brunner, s'exprime dans le bâtiment du Parlement européen.

– Philipp von Ditfurth/dpa – Archives

BRUXELLES, 6 août (EUROPA PRESS) –

Le commissaire européen chargé de l'Intérieur et de la Migration, Magnus Brunner, a averti jeudi que l'Union européenne restera vulnérable aux crises migratoires comme celle récemment enregistrée à Ceuta tant que le contrôle des frontières extérieures dépendra de la « bonne volonté » des pays voisins, c'est pourquoi il a appelé au renforcement de la capacité de l'UE à prévenir ce type d'épisode.

« Tant que le contrôle dépend de la bonne volonté d'un État voisin, nous resterons vulnérables », a-t-il déclaré lors de sa comparution devant la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen, au cours de laquelle il a défendu de tirer « les bonnes leçons » de la crise de Ceuta pour renforcer la politique migratoire européenne.

L'homme politique autrichien a reconnu que « cet épisode de trois jours sur la plage d'une ville », qui a « ébranlé la politique de tout un continent », a été un « test de résilience et de sécurité » des frontières extérieures, mais que « les images dramatiques dépassent en réalité les meilleures statistiques ». « La baisse des arrivées et la reprise du contrôle n'ont que très peu d'importance la semaine dernière aux yeux de l'opinion publique européenne », a-t-il ajouté.

Dans ce contexte, il a défendu la pleine application du Pacte sur la migration et l'asile, le renforcement du rôle de Frontex et l'approfondissement de la coopération avec les pays d'origine et de transit, tout en insistant sur la nécessité d'améliorer les systèmes d'alerte précoce pour détecter à l'avance les mouvements coordonnés et les campagnes de désinformation.

Il a également préconisé d'intensifier la lutte contre les réseaux de trafic de migrants et d'accélérer le retour des personnes qui n'ont pas le droit de rester sur le territoire européen, dans le cadre d'une stratégie visant à éviter que des épisodes comme celui de Ceuta ne se reproduisent.

Brunner a toutefois insisté sur le fait que la réponse des autorités espagnoles, la coopération avec le Maroc et le soutien des institutions européennes ont permis de contenir la situation et de préserver l'intégrité de l'espace Schengen.