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BRUXELLES, 20 juillet (EUROPA PRESS) –
La Commission européenne a annoncé ce lundi une amende de 550 millions d'euros à AliExpress pour ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour empêcher la vente de produits illégaux, frauduleux et dangereux sur sa plateforme en ligne, violant ainsi ses obligations selon la loi européenne sur les services numériques (DSA).
« La propagation de vêtements contrefaits, de jouets dangereux, de cosmétiques dangereux et d'autres articles illégaux et nocifs n'est pas le prix inévitable des achats en ligne, mais le non-respect par AliExpress de ses obligations en matière de DSA », a averti la vice-présidente de l'exécutif communautaire chargé de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie, Henna Virkkunen, qui a souligné que la décision de ce lundi implique l'obligation pour l'entreprise de prendre des mesures pour se conformer aux normes européennes.
L'entreprise chinoise a désormais jusqu'au 20 octobre pour présenter à l'exécutif communautaire un « plan d'action » avec des mesures correctives pour « évaluer et atténuer les risques systémiques » de son activité. Si le non-respect persiste ou si Bruxelles conclut que le plan présenté est insuffisant, AliExpress s'exposera à une amende plus importante.
Concrètement, Bruxelles considère qu'AliExpress ne respecte pas ses obligations d'évaluation des risques, par exemple en ne disposant pas du personnel nécessaire pour examiner les produits commercialisés et en ne prenant pas en compte « de manière réaliste la disproportion » entre le nombre de modérateurs embauchés et la charge de travail qu'ils assument. Le système de modération ne parvient pas non plus à détecter les articles frauduleux qui apparaissent et réapparaissent dans des formats similaires.
La Commission constate également des problèmes dans les systèmes de recommandation et de publicité de la plateforme, car en les testant, elle a détecté que de nombreux produits dangereux étaient promus avant d'être retirés de la vente.
Une autre violation grave du DSA détectée par les services communautaires est le fait que des produits illégaux ou dangereux, comme des cosmétiques ou des jouets, continuent d'être vendus sur la plateforme « pendant des semaines », même après avoir été détectés.
L'entreprise chinoise n'impose pas non plus les sanctions correspondantes aux vendeurs qui enfreignent les règles avec des produits illégaux et leur permet même de rester actifs après un non-respect, et n'applique pas non plus de contrôles suffisants pour empêcher que des articles illégaux échappent à la surveillance en catégorisant incorrectement leurs produits.
L'affaire remonte à mars 2024, lorsque les services communautaires ont ouvert une enquête formelle contre la plateforme en ligne à bas prix pour avoir permis la vente de produits dangereux pour le consommateur, comme des médicaments ou des compléments alimentaires contrefaits, et l'achat de matériel pornographique par des mineurs.
L'enquête a également examiné le manque de mesures de la part de la plateforme pour empêcher la diffusion de contenus illégaux et d'autres pratiques irrégulières telles que la manipulation via des liens cachés ou permettre aux « influenceurs » de promouvoir des articles interdits ou dangereux.