L'UE et onze pays, dont l'Espagne, dénoncent la détention administrative de milliers de Palestiniens en Israël


Archive – Marche à Naplouse (Cisjordanie) pour les prisonniers palestiniens, 19 mai 2026

– Europa Press/Contact/Nasser Ishtayeh – Archives

MADRID, 19 juillet. (EUROPA PRESS) –

Les missions diplomatiques en Israël de l'Union européenne et de onze pays, dont l'Espagne, ont dénoncé la pratique israélienne de « détention administrative » selon laquelle des milliers de Palestiniens sont incarcérés sans inculpation ni procès.

Dans le communiqué, publié par le consulat britannique à Jérusalem au nom de l'UE, du Canada, du Danemark, de la Finlande, de la France, de l'Irlande, des Pays-Bas, de la Norvège, de l'Espagne, de la Suède et du Royaume-Uni, les signataires rappellent que « les organisations de défense des droits de l'homme décrivent les conditions de détention des Palestiniens comme graves et mettant leur vie en danger » en raison de « la nourriture inadéquate, le refus de soins médicaux et les abus systématiques » commis par leurs geôliers israéliens.

Ils rappellent également que « les détenus ont le droit d'être informés des accusations qui sous-tendent toute détention, doivent avoir accès à une assistance juridique et être soumis à un procès équitable ».

En particulier et pour donner un visage à la crise, tous les signataires déclarent leur profonde préoccupation face aux dernières informations sur la grave détérioration de la santé du Dr Abu Safiya, directeur de l'hôpital Kamal Adwan (nord de Gaza), détenu sans inculpation depuis décembre 2024 par le gouvernement israélien.

L'organisation Médecins pour les droits de l'homme a déclaré que son avocat, Nasser Odeh, avait documenté des blessures graves, des signes d'agression physique, des difficultés respiratoires et des épisodes répétés de perte de conscience lors d'une visite chez son client.

Selon Odeh, Abu Safiya a été amené à la réunion avec les mains et les pieds enchaînés et entouré de gardiens de prison masqués. En outre, il présentait récemment de graves blessures et contusions à la tête, ainsi qu'autour des yeux, des oreilles et du cou, ce qui rendait son identification difficile.

Ainsi, les missions diplomatiques exhortent Israël à respecter ses obligations envers les détenus en vertu du droit international et rappellent que la Cour suprême d'Israël a rejeté à l'unanimité une politique gouvernementale interdisant aux représentants du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de rendre visite aux détenus palestiniens dans les prisons.

C'est pour cette raison et en fin de compte, que l'UE et le reste des missions diplomatiques exhortent les autorités à appliquer « pleinement » la décision de la Cour.