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MADRID, le 23 juin. (EUROPA PRESS) –
Les autorités du Burkina Faso ont convoqué l'ambassadeur de l'Union européenne (UE) à Ouagadougou pour protester contre une résolution approuvée la semaine dernière par le Parlement européen dénonçant « la répression de l'espace civique et des libertés fondamentales » dans ce pays africain, dirigé par une junte militaire depuis les coups d'État de 2022.
Le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Jean-Marie Traoré Karamoko, a adressé une plainte formelle à l'ambassadeur du bloc dans le pays, Philippe Bronchain, tout en exprimant la « désapprobation », la « déception » et « surtout l'inconfort » que suscite cette résolution proposée par l'eurodéputé français Christophe Gomart.
Ainsi, le chef de la diplomatie burkinabè a affirmé que la résolution repose sur des « informations erronées » et a défendu que le pays « lutte depuis longtemps contre l'insécurité aux côtés du Mali et du Niger », selon un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso à travers les réseaux sociaux.
« Nous pensons qu'un parlementaire qui présente des chiffres erronés sur un pays qu'il n'a pas visité a entaché l'intégrité du Parlement européen avec un discours à teinte néocolonialiste », a expliqué Karamoko, qui a réitéré que le pays « est totalement souverain en matière de politique intérieure ».
En ce sens, il a accusé Gomart pour ses déclarations au cours de la séance au cours de laquelle la résolution a été approuvée et l'a accusé d'avoir caché des informations pour étayer ses déclarations. « Ce député sait très bien comment a commencé la situation sécuritaire que connaît actuellement le pays », a-t-il soutenu.
« Laissant de côté la responsabilité de l'OTAN dans la déstabilisation de la Libye, dont les conséquences sont tombées sur nos pays, le fait qu'elle en arrive à parler aussi librement de la situation sécuritaire nous semble, d'une certaine manière, malsain », a conclu Karamoko, qui a demandé à Bronchain de transmettre cette plainte à l'UE.
Dans sa résolution, approuvée par 476 voix pour, 11 contre et 75 abstentions, le Parlement européen a exhorté les autorités burkinabè « à défendre les libertés d'association, de réunion et d'expression dans le pays », après avoir critiqué « la dissolution et la suspension des organisations de la société civile ».
Ainsi, il a souligné que « la liberté de la presse est gravement menacée », c'est pourquoi les députés ont exigé « la levée des restrictions imposées aux médias et que les journalistes puissent travailler librement et en toute sécurité », ainsi que l'ouverture d'enquêtes « indépendantes » sur les plaintes pour violations des droits de l'homme.
Dans ce sens, le texte dénonce « l'intimidation, le recrutement illégal, le harcèlement, la détention arbitraire et les disparitions forcées dans le pays », tout en appelant Ouagadougou à revenir sur sa décision de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI) et à entreprendre la lutte antiterroriste « dans le plein respect du droit international humanitaire ».
En revanche, les députés ont exprimé leur « profonde inquiétude » quant à « l'influence de la Russie au Burkina Faso depuis l'expulsion des forces européennes », ce qui, selon eux, « contribue aux violations des droits de l'homme et à une dérive vers l'autoritarisme ».