Les 27 défendent l’extension de l’ajustement carbone aux frontières aux appareils électroménagers et aux composants automobiles


Archive – Siège du Conseil européen, 23 octobre 2025, à Bruxelles (Belgique).

– Ana López García – Europa Press – Archives

BRUXELLES, 12 juin (EUROPA PRESS) –

Les ministres de l'Économie et des Finances de l'Union européenne se sont mis d'accord ce vendredi sur leur position visant à renforcer le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACB), dans le but d'élargir son champ d'application à de nouveaux produits transformés tels que les appareils électroménagers, les câbles métalliques ou les composants de véhicules, comme le propose la Commission européenne, et de fermer les possibilités de contourner le système avant d'entamer les négociations avec le Parlement européen.

Le CBAM, pleinement opérationnel depuis le début de cette année, impose un prix sur le carbone émis lors de la production de certains biens importés dans des secteurs à forte intensité d'émissions, comme la sidérurgie, le ciment, les engrais, l'aluminium, l'électricité et l'hydrogène.

La position adoptée par les Vingt-Sept vise à étendre le mécanisme à une sélection de produits transformés intégrant des matières premières déjà couvertes par le CBAM, notamment le fer, l'acier et l'aluminium, compte tenu du risque que des produits fabriqués hors de l'UE remplacent les produits européens soumis au régime communautaire d'échange de quotas d'émission.

« Cela signifie que nous ne parlons pas seulement de matériaux tels que l'aluminium, l'acier ou le ciment, mais aussi des produits qui sont fabriqués avec eux. La proverbiale machine à laver ou l'équipement de cuisine que nous utilisons tous », a précisé le commissaire européen chargé du climat, des émissions nettes zéro et de la croissance propre, Wopke Hoekstra.

Le Conseil a affiné la liste des nouveaux produits qui seraient couverts par le mécanisme et propose que l'exécutif communautaire procède à un examen annuel pour évaluer l'éventuelle inclusion d'autres produits transformés à l'avenir.

Les États membres soutiennent également une grande partie de la proposition initiale de Bruxelles visant à renforcer les mesures anti-contournement, y compris l'inclusion de certains déchets métalliques avant consommation dans le champ d'application du CBAM et la capacité de la Commission à agir lorsqu'elle détecte des pratiques trompeuses dans les déclarations des entreprises considérées comme à haut risque.

L'accord introduit également des limites plus claires à la procédure qui permettrait à certaines marchandises d'être temporairement exemptées du CBAM en cas de « circonstances graves et imprévues causant de graves dommages au marché intérieur ».

Sur ce point, les Vingt-Sept défendent que toute exemption repose sur des critères clairs et objectifs, dont l'exposition de l'UE à de fortes hausses de prix, et précisent les conditions dans lesquelles la Commission pourrait activer ce mécanisme exceptionnel.