Les 27 étudient une première proposition chiffrant la réduction de la PAC et la cohésion du budget de l'UE

BRUXELLES, 11 (EUROPA PRESS)

Ce jeudi, les États membres de l'Union européenne ont reçu la première proposition chiffrée pour le budget communautaire 2028-2034, un document qui maintient pour l'essentiel l'approche initiale de la Commission européenne et confirme le moindre poids de la Politique agricole commune (PAC) et des fonds de cohésion face aux nouvelles priorités comme la compétitivité, la sécurité ou la défense.

La présidence tournante du Conseil, que Chypre assure jusqu'à fin juin, a mis sur la table une répartition qui servira de base à un premier débat des dirigeants la semaine prochaine à Bruxelles et qui doit encore être négociée entre les capitales, dans le but de conclure un accord avant la fin de l'année.

Même si le texte envisage de légères augmentations tant pour la politique agricole que pour la cohésion par rapport au projet initial de Bruxelles, les modifications sont modérées. Concrètement, les aides directes aux agriculteurs passent de 259,231 millions d'euros à 261,013 millions, tandis que la dotation pour la cohésion économique, sociale et territoriale passe de 404,877 millions à 410,080 millions.

Le document, bien qu'incorporant une réduction d'environ 2%, maintient ainsi l'orientation générale du futur budget européen, en accordant plus de poids aux nouvelles priorités comme la compétitivité, la sécurité ou la défense, l'une des principales raisons pour lesquelles plusieurs gouvernements, régions et organisations agricoles ont remis en question la proposition communautaire lors de sa présentation l'année dernière.

L'une des corrections les plus importantes proposées par les Etats touche justement l'une des grandes nouveautés du cadre financier, le Fonds européen de compétitivité. Les Vingt-Sept proposent de réduire leur dotation de 397,753 millions d'euros à 383,008 millions, soit une réduction de 14,745 millions par rapport à la proposition initiale de la Commission.

L'ajustement touche également certains des principaux programmes liés à cette nouvelle priorité budgétaire. Horizon Europe, le programme communautaire de recherche et d'innovation, passe de 154,882 millions d'euros à 148,579 millions, tandis que le montant alloué à la résilience et à la sécurité, à l'industrie de défense et au spatial passe de 115,699 millions à 110,989 millions.

La proposition a déjà suscité les premières réticences parmi les pays traditionnellement les plus favorables à la maîtrise des dépenses communautaires, comme les Pays-Bas, qui ont catégoriquement rejeté le texte de négociation présenté par la présidence chypriote, estimant qu'il maintenait un volume de dépenses excessif et une mauvaise orientation.

« Pour les Pays-Bas, cette proposition est inacceptable. Elle est inabordable, déséquilibrée et a une mauvaise approche », a déclaré le ministre néerlandais des Finances Eelco Heinen, qui a critiqué le fait que le budget reste « trop ​​élevé » à une époque où l'espace budgétaire est limité dans toute l'Europe.

« Cela finance les priorités d'hier au détriment des défis de demain. Cela montre exactement comment ne pas procéder », a-t-il souligné.

La ministre suédoise des Affaires européennes, Jessica Rosencrantz, s'est exprimée dans le même sens, se disant « surprise et déçue » par la proposition, estimant que les réductions proposées sont à peine perceptibles et insuffisantes.

« La Suède a clairement indiqué dès le début que la taille du budget devait être réduite de manière significative. J'espérais que cette proposition serait plus conforme à la réalité. C'est une proposition inacceptable », a-t-il déclaré.