L'Arménie exclut pour l'instant la tenue d'un référendum pour choisir entre l'UE et l'Union économique eurasienne

MADRID, 1 (EUROPA PRESSE)

Le Premier ministre arménien, Nikol Pashinián, a exclu la tenue d'un référendum permettant aux citoyens arméniens de choisir entre l'Union européenne (UE) et l'Union économique eurasienne (UEE) et a préconisé de travailler avec cette dernière jusqu'à ce qu'elle demande officiellement son entrée dans le bloc européen et qu'il soit inévitable de devoir opter pour l'une d'entre elles.

Pashinián répond ainsi aux États membres de l'UEE – Russie, Biélorussie, Kazakhstan et Kirghizistan – qui, lors du sommet tenu vendredi à Astana, la capitale kazakhe, l'ont exhorté à adopter une position claire sur son statut et à organiser dans les plus brefs délais une consultation populaire.

« Nous travaillons et continuerons de travailler au sein de l'Union économique eurasienne jusqu'à ce que les élections (…) deviennent inévitables et, bien entendu, elles doivent être organisées par le peuple arménien par le biais d'un référendum », a déclaré le Premier ministre dans une vidéo publiée ce lundi sur ses réseaux sociaux.

Pashinián a expliqué qu'il n'y avait aucune raison d'accélérer la tenue de tout type de consultation populaire puisque, bien que l'Arménie ait soumis sa candidature en mars 2024, elle en est à une phase très initiale et n'a même pas le statut de pays candidat. « La tenue d'un référendum est illogique », a-t-il souligné.

Il s'agit d'une question de « nature théorique », a déclaré le Premier ministre arménien, et par conséquent, la soumettre à un référendum « n'est bien sûr ni très raisonnable ni correct, et n'a aucun fondement ».

« Nous allons continuer à travailler sereinement, en paix, sans tensions ni conflits au sein de l'Union économique eurasienne, et je suis convaincu que nous avons encore du potentiel dans cette direction », a-t-il conclu.

L'UEE ÉVALUERA LES ACCORDS AVEC L'ARMÉNIE AVANT DÉCEMBRE

De son côté, le Kremlin a annoncé que l'UEE étudierait ces mois-ci la possibilité de suspendre les traités qu'elle a conclus avec l'Arménie avant que le conseil ne se réunisse à nouveau avant la fin de l'année. « Tout cela devra être discuté avant décembre », a déclaré le porte-parole de Moscou, Dimitri Peskov.

Le porte-parole du Kremlin a également fait état d'un appel téléphonique entre le Premier ministre arménien et le président russe, Vladimir Poutine, pour discuter de l'ordre du jour présenté lors de ce sommet tenu au Kazakhstan, sans toutefois donner plus de détails sur son contenu.

A la veille de la réunion d'Astana, la Russie a également annoncé qu'elle se réservait le droit d'annuler ses accords énergétiques avec l'Arménie si elle poursuivait son processus d'adhésion à l'UE.