-MATHIEU CUGNOT
BRUXELLES, le 19 mai. (EUROPA PRESS) –
La haute représentante pour la politique étrangère de l'UE, Kaja Kallas, a reconnu que la Commission européenne n'avait pas encore mis sur la table l'activation du statut de blocage, comme l'avait demandé le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, en raison du manque de consensus entre les États membres.
Le chef de la diplomatie européenne a ainsi refroidi la demande que le président espagnol avait faite début mai à Bruxelles pour que les sanctions américaines contre la rapporteuse de l'ONU Francesca Albanese et les juges et procureurs de la Cour pénale internationale (CPI) enquêtant sur le génocide dans la bande de Gaza n'aient aucun effet dans l'Union européenne.
« Nous n'avons pas d'accord sur le statut de blocus, et c'est pourquoi nous ne l'avons pas mis sur la table », a répondu Kallas à une question parlementaire de l'eurodéputée PSOE Hana Jalloul, lors de la session plénière du Parlement européen tenue cette semaine à Strasbourg (France), sur la question de savoir s'il travaille à protéger les juges européens enquêtant sur les crimes de guerre dans l'enclave palestinienne.
Kallas a confirmé que le Statut de blocage est l'un des « outils » dont dispose la Commission européenne pour proposer son activation afin de protéger les juges et procureurs de la CPI et Francesca Albanese, mais que néanmoins « de nombreux États membres ne l'ont pas demandé » et seulement « certains », comme l'Espagne, l'ont fait.
« Le fait est que, dans les pays d'où viennent également les juges, nous devons utiliser ces outils. Et puis certains pays disent qu'ils peuvent également travailler pour aider ces juges à fonctionner avec d'autres outils. C'est pourquoi nous n'avons pas d'accord sur la loi de blocage, et c'est pourquoi nous ne l'avons pas mis sur la table », a conclu Kallas.
BRUXELLES ETUDES « MESURES CONCRETES »
Les déclarations de Kallas interviennent quelques jours après que la Commission européenne a assuré qu'elle étudiait des « mesures concrètes » pour renforcer la protection et la résilience de la CPI face aux menaces et attaques « inacceptables » contre les juges, le personnel et les collaborateurs de la Cour, sans toutefois préciser quel type de solutions elle envisageait.
Le 6 mai, Sánchez a demandé à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d'activer le statut de blocage afin que les sanctions américaines contre la rapporteuse de l'ONU Francesca Albanese et les juges et procureurs de la CPI enquêtant sur le génocide à Gaza n'aient aucun effet dans l'Union européenne.
Depuis le début de l'année 2025, les États-Unis imposent des sanctions contre des membres de la CPI, qui touchent déjà onze juges et procureurs, en représailles au mandat d'arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ainsi que contre son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant. De plus, en juillet, Washington a sanctionné Albanese pour ce qu’il a qualifié de « campagne » contre Israël.
Bien sûr, la semaine dernière, un juge fédéral américain a ordonné la suspension des sanctions imposées par l’administration Trump contre Albanese, estimant que de telles mesures violaient les libertés du premier amendement car elles visaient directement ses déclarations critiques à l’égard d’Israël.