– AUTORITÉ ROYAUME-UNI DE LA CONCURRENCE ET DES MARCHÉS
MADRID, 10 avril (EUROPA PRESS) –
Le secteur aérien de l'Union européenne souffrira d'une pénurie générale de carburéacteur si le transit par le détroit d'Ormuz, fermé par l'Iran suite à l'offensive lancée par les États-Unis et Israël contre le pays, ne reprend pas dans les trois prochaines semaines, selon les estimations de la division européenne de l'Airports Council International (ACI).
Le directeur général d'ACI Europe, Olivier Jankovac, a adressé une lettre au commissaire européen à l'énergie, Dan Jorgensen, et au commissaire aux transports et au tourisme durables, Apostolos Tzitzikostas, pour lui faire part de son inquiétude quant à la disponibilité du carburéacteur, ainsi que sur la « nécessité pour l'UE de surveiller et de prendre des mesures de manière proactive ».
Cette cartographie, indique-t-il, devrait clarifier la disponibilité actuelle et attendue du carburéacteur au sein de l'UE, identifier des sources d'importation alternatives et des mesures qui peuvent être adaptées pour augmenter la production et le raffinage, répertorier les menaces qui pèsent sur les flux de carburant intra-UE et évaluer les niveaux des réserves commerciales avec la possibilité d'établir un calendrier d'utilisation et leurs destinations.
La lettre inclut également la position de l'ACI sur l'intervention politique dans « une crise de cette ampleur ».
Concrètement, le PDG de la division européenne souligne que « s'appuyer uniquement sur les forces du marché et l'adaptation » n'est pas une option et appelle, entre autres mesures, à la suspension temporaire des restrictions réglementaires qui limitent la capacité d'importer du carburéacteur, à l'achat collectif de carburéacteur par l'Union européenne et aux obligations des raffineries de garantir la production de carburant.
OPPORTUNITÉ POUR LES SAF
D'un autre côté, l'ACI considère que cette crise « devrait également être une opportunité » pour promouvoir la production de carburant d'aviation durable (SAF) dans l'environnement de l'Union européenne.
« Un soutien supplémentaire aux SAF concerne également l'autonomie stratégique, un aspect sur lequel la crise actuelle met encore plus l'accent », explique Jankovac.
Ainsi, il propose que les producteurs soient obligés d'affecter une partie des primes de leurs ventes de carburant au financement de la production de SAF.
Jankovac rappelle toutefois aux commissaires que la crise actuelle « a révélé la capacité réduite de raffinage de l'UE », ainsi que sa « sérieuse dépendance » à l'égard des importations en provenance d'autres régions, c'est pourquoi il estime nécessaire de s'attaquer à cette situation « en priorité ».