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BRUXELLES, 17 mars (EUROPA PRESS) –
L'Union européenne a qualifié d' »escalade meurtrière » l'attaque de ce lundi contre un hôpital de la capitale afghane, Kaboul, après que les talibans ont dénoncé un bombardement du Pakistan qui a fait plus de 400 morts et 250 blessés, et ont appelé à mettre fin « au plus vite » au conflit entre les deux pays.
Dans une déclaration conjointe de la haute représentante de l'UE pour la politique étrangère, Kaja Kallas, et de la commissaire européenne chargée de la gestion des crises, Hadja Lahbib, les dirigeants ont exhorté les deux parties à « faire preuve d'un maximum de retenue » et à prendre « toutes les mesures possibles pour minimiser le risque de nuire à la population civile ».
« Les installations civiles et médicales ne doivent jamais être ciblées, car elles sont protégées par le droit humanitaire, notamment les Conventions de Genève. Toutes les parties impliquées dans les opérations militaires ont l'obligation de respecter ces dispositions à tout moment », indique le communiqué.
Le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) a précisé que le bloc communautaire se joint « aux appels de la communauté internationale en faveur d'un cessez-le-feu immédiat » et de la reprise du dialogue entre le Pakistan et les autorités de facto de l'Afghanistan.
Le gouvernement afghan a confirmé qu'au moins 400 personnes sont mortes et 250 autres ont été blessées ce lundi à la suite du bombardement mené par l'armée pakistanaise contre l'hôpital de traitement de la toxicomanie Omid à Kaboul.
L'attaque aérienne a eu lieu vers 21h00. (vers 17h30 en Espagne) contre le centre susmentionné destiné à la prise en charge des personnes toxicomanes, qui a une capacité d'environ 2 000 lits, selon le porte-parole adjoint de l'exécutif mis en place par les talibans, Hamdulá Fitrat, dans un message publié sur ses réseaux sociaux.
De leur côté, les autorités pakistanaises ont nié que l'attaque ait touché un hôpital de Kaboul, insistant sur le fait que leur offensive a mené des « bombardements de précision » contre des installations militaires à Kaboul et à Nangarhar. « Les infrastructures de soutien technique et les installations de stockage de munitions sur deux sites de Kaboul ont été pratiquement détruites. Les détonations secondaires visibles après les attaques indiquent clairement la présence d'importants dépôts de munitions », a déclaré le ministre de l'Information, Ataulá Tarar.
Il convient de rappeler que la zone frontalière entre les deux pays est depuis des années une scène de tension et d'insécurité, notamment en raison des attaques du groupe Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP), et au milieu des accusations d'Islamabad contre l'Inde et les talibans afghans pour leur prétendu soutien à l'organisation, ce que New Delhi et Kaboul ont démenti.
Cette situation a provoqué une nouvelle escalade du conflit fin février, après une série d'attentats à la bombe par Islamabad contre des cibles présumées du groupe TTP, connu sous le nom de Taliban pakistanais, et de l'État islamique dans le pays voisin, ce qui a conduit les autorités mises en place par les Taliban à lancer des offensives à la frontière.