-FRANCOIS LENOIR
BRUXELLES, 16 mars (EUROPA PRESS) –
Le ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, a indiqué qu'il ne voyait pas la nécessité d'une mission communautaire pour garantir le transit dans le détroit d'Ormuz, comme le propose la haute représentante Kaja Kallas, et a plaidé pour une « désescalade » dans la région, soulignant qu'un « remède purement militaire n'est jamais vraiment une solution ».
C'est ce qu'a déclaré dans des déclarations aux médias, avant d'assister au Conseil des Affaires étrangères (CAE) qui se tient ce lundi à Bruxelles, lorsqu'on lui a demandé comment il envisageait la proposition de Kallas de modifier l'opération navale de l'UE « Aspides » – conçue à l'origine pour empêcher les attaques des Houthis contre le transport maritime dans la mer Rouge – afin qu'elle puisse être utilisée dans le détroit d'Ormuz.
« La position de l'Espagne et la politique étrangère espagnole sont très claires. L'Europe doit aussi parler avec cette voix, et ce doit être celle de la désescalade, celle du dialogue et de la diplomatie, celle du retour à la table des négociations. La solution purement militaire n'apporte jamais la démocratie, ni la stabilité, ni la prospérité économique », a déclaré le ministre.
Albares a estimé que le champ d'action d'Aspides, actuellement limité à la mer Rouge, « est le bon mandat » et « remplit parfaitement ses fonctions en ce moment ». « Il n'est pas nécessaire d'introduire une quelconque modification », a ajouté le chef de la diplomatie espagnole.
Il a également insisté sur le fait que « rien ne devrait être fait pour ajouter encore plus de tension » et qu'il est important que « les bombardements et les tirs de missiles cessent » sur les pays du Moyen-Orient. Interrogé sur une éventuelle mission de l'ONU à Ormuz, il a répondu que « les Nations Unies sont déjà impliquées ».
« Ce que je considère comme une bonne chose, c'est de mettre fin à cette spirale de violence et à cette escalade qui n'a pas d'objectifs clairs, qui conduit à la souffrance des civils dans toute la région et à la hausse des prix mondiaux qui affecte le bien-être des Européens », a poursuivi le ministre dans son explication.
Bien sûr, il a déclaré que « de toute évidence » la situation à Ormuz est « extrêmement préoccupante pour les Européens » et pour les pays qui accueillent un nombre croissant de réfugiés comme l'Iran ou le Liban, tant du point de vue énergétique qu'en raison de ses implications pour le commerce alimentaire, c'est pourquoi il a exigé une réponse de l'UE pour aider dans « cette situation humanitaire ».
En ce sens, il a valorisé le rôle des Nations Unies dans la région et a donné comme exemple que son secrétaire général, António Guterrs, se trouvait ce dimanche au Liban, « un des scénarios où nous devons écouter » l'organisation internationale, et non « tirer » sur la Force intérimaire des Nations Unies pour le Liban (FINUL), comme cela s'est produit hier.
Les déclarations d'Albares interviennent peu après que la haute représentante de l'Union européenne pour la politique étrangère, Kaja Kallas, ait proposé de modifier la mission européenne « Aspides » ou même d'en créer une organisée par les Nations Unies pour maintenir ouvert le détroit d'Ormuz, actuellement bloqué par l'Iran en réponse aux attaques des États-Unis et d'Israël.
Selon la chef de la diplomatie européenne, il ne sera pas « facile » d'y parvenir, mais elle a préconisé que les ministres des Affaires étrangères de l'UE trouvent « la manière la plus rapide de garantir » l'ouverture du détroit d'Ormuz, tandis qu'elle explore d'autres options comme une initiative dans le cadre de l'ONU similaire à celle mise en place après l'invasion russe de l'Ukraine pour garantir le transport des céréales dans la mer Noire.