Les six grandes économies de l’UE demandent d’accélérer l’Union de l’épargne et de l’investissement


Dossier – Le ministre de l'Économie, du Commerce et des Affaires, Carlos Body.

– Alejandro Martínez Vélez – Europa Press – Archive

BRUXELLES, le 12 mars (EUROPA PRESS) –

Les ministres des Finances et de l'Economie d'Espagne, de France, d'Allemagne, d'Italie, des Pays-Bas et de Pologne appellent à accélérer le développement de ce qu'on appelle l'Union de l'épargne et de l'investissement, estimant que le renforcement des marchés de capitaux de l'UE est un « besoin stratégique urgent » pour améliorer la compétitivité et l'autonomie économique du bloc.

Dans une lettre adressée à l'exécutif communautaire, à la présidence du Conseil et à la présidence de l'Eurogroupe, les six pays – connus sous le nom de E6 – affirment que des marchés européens plus intégrés permettraient de « renforcer le potentiel de croissance de l'Europe » et de mobiliser davantage de financements pour les priorités communes.

C'est pour cette raison, entre autres propositions, qu'ils demandent que des progrès soient réalisés avant cet été sur le paquet législatif sur l'intégration et la surveillance du marché présenté par la Commission en décembre 2025.

Selon le document, ces réformes devraient éliminer les barrières nationales et faciliter la distribution transfrontalière des fonds d'investissement afin que les investisseurs aient un meilleur accès aux marchés européens et que les entreprises puissent lever davantage de capitaux.

Les six pays préconisent également de renforcer la surveillance des infrastructures financières les plus pertinentes au niveau européen et d'améliorer la transparence des marchés boursiers pour éviter une augmentation des opérations dans des environnements moins transparents.

Parallèlement, les ministres estiment que la titrisation peut contribuer à libérer la capacité de financement des banques et demandent des avancées rapides dans les négociations législatives pour relancer ce marché en Europe avant cet automne.

Ils proposent également d'étudier la création d'une plateforme européenne de titrisation et d'aller vers une plus grande harmonisation de la législation financière à travers un code européen des marchés de capitaux qui faciliterait les opérations transfrontalières.

ACCÉLÉRER L’APPROBATION DE L’EURO NUMÉRIQUE

La lettre propose également de promouvoir les solutions européennes de paiement numérique et d'accélérer l'approbation de l'euro numérique, qu'ils considèrent comme « essentiel » pour créer un système de paiement européen plus autonome et plus résilient.

Les ministres demandent également une conclusion rapide du processus législatif et demandent au Parlement européen de soutenir l'approche du Conseil visant à établir l'euro numérique, à la fois en ligne et hors ligne, en tant que solution de paiement interopérable dans toute l'UE.

CHAMPIONS TECHNOLOGIQUES ET SIMPLIFICATION RÉGLEMENTAIRE

En termes de financement des entreprises, les signataires proposent d'élargir les initiatives visant à mobiliser du capital-risque pour les entreprises innovantes, comme une deuxième phase de l'Initiative européenne des champions technologiques, avec de nouvelles contributions financières des pays participants à partir de cette année.

Les ministres appellent également à faciliter les introductions en bourse dans l'UE grâce à un mécanisme simplifié d'introduction en bourse et à étudier l'introduction d'un régime juridique européen facultatif pour les entreprises opérant dans plusieurs pays, afin d'éviter qu'elles aient à s'adapter à 27 cadres juridiques différents.

Une autre priorité évoquée dans la lettre est de simplifier le cadre réglementaire financier européen. Les six pays demandent à la Commission un paquet de simplification réglementaire avant la fin 2026 qui réviserait la législation actuelle et éliminerait les règles qui ne répondent plus aux besoins actuels.

Enfin, les ministres préconisent d'encourager une plus grande participation des petits investisseurs aux marchés de capitaux européens à travers des programmes d'éducation financière, des comptes d'épargne et d'investissement ou des incitations pour les produits de retraite privés.

Les signataires soulignent que le succès de l'Union de l'épargne et de l'investissement dépendra de la traduction par les Etats de ces propositions « en actions concrètes » et d'une coopération étroite entre les gouvernements nationaux et les institutions européennes.