– Fernando Sánchez – Europa Press – Archives
SÉVILLE, 12 mars (EUROPA PRESS) –
Le président de la Fédération nationale des associations de travailleurs indépendants (ATA), Lorenzo Amor, a célébré jeudi le « réveil » de la Commission européenne, qui demandera à la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) une amende contre l'Espagne dans le procès intenté pour ne pas avoir adopté à temps une directive qui permettrait aux PME espagnoles d'appliquer une exonération de TVA lorsqu'elles opèrent dans d'autres États membres et une autre norme qui met à jour les règles de cette taxe pour certains services numériques, biens d'occasion et œuvres d'art.
« Nous nous réjouissons que la Commission européenne ait porté le non-respect des règles par l'Espagne devant la Haute Cour de Justice de l'Union européenne », a déclaré Lorenzo Amor, qui estime que 150 000 travailleurs indépendants andalous pourraient bénéficier de cette mesure. L'Exécutif communautaire a pris cette décision après que l'Espagne n'a pas notifié la transposition des deux règlements malgré le dossier de non-conformité ouvert par les services communautaires, qui ont déjà envoyé une lettre de convocation puis un avis motivé lors des phases précédentes de la procédure d'infraction pour exhorter le gouvernement à respecter les délais.
Premièrement, la Commission reproche à l'Espagne de ne pas avoir intégré les règles qui mettent à jour le régime de TVA applicable aux petites et moyennes entreprises, une réforme adoptée en 2020 dans le but de simplifier les obligations fiscales de ces entreprises et de réduire les distorsions de concurrence sur le marché intérieur.
L'Exécutif communautaire explique que, même si l'Espagne a indiqué qu'elle n'avait pas l'intention d'appliquer l'exonération de TVA pour les PME prévue dans cette directive car il s'agit d'une mesure facultative pour les États membres, le pays est toujours obligé de transposer les dispositions qui permettent aux entreprises établies sur son territoire de bénéficier de ce régime dans d'autres pays de l'UE. Concrètement, il souligne que pour qu'une PME espagnole puisse bénéficier de cette exonération dans un autre État membre, elle doit préalablement s'enregistrer auprès des autorités fiscales espagnoles, une procédure qui ne peut être appliquée tant que la réglementation européenne n'a pas été intégrée dans le droit national.
Par ailleurs, Bruxelles reproche à l'Espagne de ne pas avoir transposé une deuxième directive adoptée en 2022 qui modifie les règles sur les taux de TVA et introduit des dispositions impératives sur le lieu de prestation de certains services lorsqu'ils sont transmis ou offerts virtuellement. Selon la Commission, la non-adaptation de ces règles peut générer des risques de double imposition ou d'absence d'imposition, étant donné que le reste des États membres ont déjà intégré ces dispositions dans leur législation et appliqueront des critères différents.
Cette directive introduit également des modifications au régime spécial de TVA applicable aux biens d'occasion, aux œuvres d'art, aux objets de collection et aux antiquités, dont le manque de transposition peut également provoquer des distorsions de concurrence sur le marché intérieur, selon Bruxelles. Les États membres devaient prendre les mesures nécessaires pour transposer les deux directives dans leur législation nationale d'ici le 31 décembre 2024 et communiquer ces mesures à la Commission dans le même délai.
Faute de notification de l'Espagne, l'Exécutif communautaire a adressé deux lettres de mise en demeure le 31 janvier 2025, suivies d'avis motivés le 17 juillet de la même année dans lesquels il exhortait les autorités espagnoles à achever la transposition de ces réglementations. Toutefois, à ce jour, l'Espagne n'a pas notifié à Bruxelles l'adoption des mesures nécessaires pour adapter sa législation à ces directives et reste le seul État membre à ne pas l'avoir fait. C'est pour cette raison que la Commission a finalement décidé de porter l'affaire devant la Cour de justice de l'Union européenne et de demander l'imposition de sanctions financières.