– Eduardo Parra – Europa Press – Archives
BRUXELLES, 6 mars (EUROPA PRESS) –
Le ministre de la Présidence, de la Justice et des Relations avec les Cortès, Félix Bolaños, s'est réfugié ce vendredi depuis Bruxelles sur le fait que la frégate « Cristóbal Colón » se rend à Chypre en soutien à un partenaire de l'Union européenne et avec d'autres pays européens, afin que la décision ne doive pas passer par le Congrès des députés, comme le prétend le Parti populaire.
« Il s'agit d'une mission européenne composée de partenaires européens en soutien à un pays européen comme Chypre. Et c'est dans ce contexte que cette frégate espagnole est là », a conclu Bolaños dans des déclarations à la presse à son arrivée à la réunion des ministres de la Justice de l'UE qui se tient à Bruxelles.
« Cette frégate se trouvait déjà dans la Baltique et faisait partie d'une mission (…) où nous travaillions avec d'autres flottes d'autres pays et d'autres frégates et d'autres navires d'autres pays partenaires européens », a-t-il poursuivi.
Le ministre a ainsi fait valoir que la frégate espagnole était déjà intégrée au groupe naval du porte-avions français « Charles de Gaulle » – pour effectuer des tâches d'escorte, de protection et de formation avancée en mer Baltique – et que c'est dans le cadre de ce groupe naval qu'elle se dirige désormais vers la Méditerranée orientale.
Le Traité de l'Union européenne prévoit une clause de défense mutuelle en son article 42.7 selon laquelle « dans le cas où un État membre serait soumis à une attaque armée sur son territoire, les autres États membres lui apporteront aide et assistance par tous les moyens à leur disposition, conformément aux dispositions de l'article 51 de la Charte des Nations Unies ». Cependant, ce parapluie de défense collective doit être demandé par le pays attaqué et pour le moment Chypre ne l’a pas activé.
Interrogé sur le point de savoir si, bien que cet article des Traités européens n'ait pas été activé, le gouvernement considère qu'il ne devrait pas s'adresser au Congrès, Bolaños a éludé la réponse directe à la demande du PP et a souligné qu'« il s'agit d'une mission européenne, composée de partenaires européens, de navires et de frégates européens, en soutien à un pays européen ».
LE PP DIT QUE CELA EST EXIGÉ PAR LA LOI SUR LA DÉFENSE NATIONALE
Le PP exige que le président du gouvernement, Pedro Sánchez, soumette au vote du Parlement l'envoi de la frégate à Chypre, que le gouvernement a annoncé hier, et l'a accusé de n'avoir pas pour devise « Non à la guerre », mais « Non au Congrès », selon des sources du PP, qui rappellent que depuis 2026 les gouvernements de José Luis Rodríguez Zapatero et Mariano Rajoy ont demandé 26 autorisations pour envoyer des troupes à l'étranger.
C'est pour cette raison que le PP demandera à Pedro Sánchez d'informer les Espagnols en se présentant au Congrès et d'apporter « immédiatement » à la Chambre basse l'autorisation requise par la loi sur la défense nationale pour pouvoir envoyer la frégate « Cristóbal Colón » à Chypre, après l'attaque de la base britannique sur ce territoire. « De cette façon, nous pourrons savoir au siège du Parlement ce que pensent ceux qui soutiennent Sánchez des manœuvres de Sánchez », s'exclament les mêmes sources.
En ce sens, ils rappellent que le « navire de guerre le plus avancé de la Marine » qui a été envoyé dans la « zone de conflit » et ses soldats vont s'exposer à être attaqués dans une zone où se déroulent déjà de nouvelles opérations militaires actives.