– Julien Mattia/Le Pictorium via Z/DPA
MADRID, 27 février (EUROPA PRESS) –
Le président français Emmanuel Macron a exprimé ce vendredi son mécontentement face à la « mauvaise surprise » que représente la décision « unilatérale » de la Commission européenne d'appliquer provisoirement l'accord de libre-échange entre Bruxelles et le Mercosur, malgré l'appel du Parlement européen à la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), pour lequel il a assuré que le pays français serait « vigilant » pour faire respecter ce qui a été signé.
Dans ses déclarations aux médias lors de la conférence de presse qu'il a partagée ce vendredi à Paris avec le Premier ministre slovène, Robert Golob, le président français a souligné que la Commission européenne a choisi « unilatéralement » d'appliquer l'accord avec le Mercosur, malgré le fait que le Parlement européen ne l'ait pas voté.
Ainsi, pour Macron, la Commission européenne assume « une très lourde responsabilité » alors que plusieurs pays du Mercosur n'ont toujours pas ratifié ledit traité commercial, pointant notamment le cas du Brésil, et avertissant que l'application provisoire du texte représente une grande responsabilité envers les agriculteurs européens, qui ont exprimé leur inquiétude à cet égard, ainsi qu'envers tous les citoyens européens.
« Pour la France, cela a été une surprise. Une mauvaise surprise », a résumé Macron, prévenant que le pays français « restera vigilant » et sera attentif à ce que ce qui a été négocié ces derniers mois soit respecté. « Nous serons intraitables sur le respect des règles », a-t-il déclaré.
L'avis du président français a été soutenu par la ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, qui n'a pas hésité à affirmer qu'elle « regrette cette décision ».
Le ministre avait prévenu suite à la décision du Parlement européen de consulter l'accord avec la Cour de Justice de l'Union européenne que l'application provisoire « serait très préjudiciable » au fonctionnement des institutions européennes et, surtout, à leur esprit.
« La décision de l'appliquer provisoirement est néfaste. Je la regrette. Je pense qu'elle n'est pas conforme au respect qui aurait dû prévaloir envers la décision du Parlement européen », a-t-il commenté.
De son côté, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a qualifié la décision de Bruxelles de coup d'État contre le Parlement européen, qui a voté en faveur du renvoi de l'affaire devant la Cour de justice de l'UE, ainsi que de coup d'État contre la France, ses agriculteurs et la grande majorité des Français.
L'ALLEMAGNE ET L'ITALIE APPLAUDENT LA DÉCISION.
Contrairement à la colère française, l'Allemagne et l'Italie ont salué la décision de la Commission européenne de mettre en œuvre provisoirement l'accord avec le Mercosur sans attendre la résolution de la consultation du Parlement européen avec la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE).
En ce sens, le ministre allemand des Affaires étrangères, Jopan Wadephul, a déclaré vendredi que « le moment est venu pour l'Europe », soulignant que la décision de Bruxelles d'appliquer provisoirement l'accord permettra aux entreprises et aux citoyens des deux continents de bénéficier d'une plus grande prospérité et d'une plus grande croissance.
« L'Allemagne travaillera sans relâche pour tirer le meilleur parti du potentiel de cet accord historique », a-t-il ajouté.
De son côté, Antonio Tajani, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de l'Italie, a exprimé son soutien à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour la décision d'appliquer provisoirement l'accord avec le Mercosur.
« Cela représente un coup de pouce positif pour nos exportations, qui continuent de contribuer à la croissance économique de l'Italie », a commenté le ministre italien.