Sumar présente au Congrès sa loi interdisant les licenciements massifs dans les entreprises qui s'installent hors d'Europe


La deuxième vice-présidente et ministre du Travail et de l'Économie sociale, Yolanda Díaz, s'exprime lors d'une séance de contrôle du gouvernement, au Congrès des députés, le 18 février 2026, à Madrid (Espagne).

– Eduardo Parra – Europa Press

MADRID, 20 février (EUROPA PRESS) –

Sumar défendra mardi 24 février, en séance plénière du Congrès, un projet de loi avec lequel il entend interdire les licenciements collectifs des entreprises qui transfèrent leur activité industrielle, productive ou commerciale vers des territoires qui ne font pas partie de l'UE ou de l'Espace économique européen.

Le groupe plurinational affirme que sa proposition sert à protéger les salariés dans des cas comme celui survenu dans le cas de Sekurit, l'une des deux usines que la multinationale française du verre Saint Gobain possède à Avilés, et qui est plongée dans un licenciement collectif qui, selon Sumar, culmine un processus dans lequel une bonne partie de l'activité productive de l'entreprise a été transférée vers des usines hors de l'Union européenne.

De même, le texte pointe du doigt des entreprises comme « Zara ou H&M » et l'industrie textile qui, selon Sumar, ont été confrontées à des vagues successives de délocalisations qui ont fait qu'une bonne partie de la production s'est déroulée dans des conditions de travail « particulièrement dures et dangereuses », dans des pays qui ne garantissent pas les droits minimaux des travailleurs.

Pour minimiser les conséquences négatives de ce type de processus, Sumar propose une loi qui vise à garantir les droits des travailleurs dans les processus de délocalisation et de transfert d'unités productives.

« Les délocalisations d'entreprises ont pour effets directs dans notre pays le désinvestissement et la fermeture des centres de production, avec pour conséquence une réduction du tissu économique et une destruction d'emplois », dénonce la formation à la proposition inscrite à l'ordre du jour de la séance plénière de la semaine prochaine, à laquelle Europa Press a eu accès.

RÉFORME DU STATUT DU TRAVAILLEUR

Sumar propose d'introduire une nouvelle disposition supplémentaire au Statut des Travailleurs pour empêcher les entreprises qui procèdent à la délocalisation de leur activité hors de l'UE d'adopter des licenciements collectifs et des ruptures de contrat pour des raisons objectives, des modifications substantielles des conditions de travail et la non-application des conditions de travail prévues dans les conventions collectives liées à ces transferts.

Mais en plus, la proposition de Sumar comprend un article pour que les entreprises qui délocalisent leur activité, si elles ont bénéficié au cours des quatre années précédentes de mesures liées à un ou plusieurs dossiers de réglementation du travail temporaire ou à l'application du Mécanisme RED, soient obligées de rembourser ces prestations.

D'autre part, le groupe confédéral souhaite introduire une autre disposition supplémentaire pour « garantir la transparence » dans les processus de vente ou de transfert d'entreprises et d'unités productives, afin que des informations détaillées soient fournies au personnel et que la participation des syndicats soit autorisée dans les discussions et accords conclus entre l'acheteur et le vendeur.

De cette manière, dit Sumar, le principe constitutionnel de la démocratie dans l'entreprise serait renforcé, tout en garantissant les droits et le bien-être des travailleurs en situation de crise économique.