Albares demande au PP d'abandonner son « attitude obstructionniste » à l'égard du statut officiel du catalan, du basque et du galicien dans l'UE

Le gouvernement minimise le fait que cette question n'est pas à l'ordre du jour du Conseil et assure qu'il continue à travailler

MADRID/BRUXELLES, 26 (EUROPA PRESS)

Le ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, a soutenu que si le catalan, le basque et le galicien ne sont plus les langues officielles de l'UE, cela est dû à « l'effort irresponsable » du PP avec certains partenaires européens pour empêcher l'unanimité nécessaire, c'est pourquoi il a appelé ceux d'Alberto Núñez Feijóo à abandonner leur « attitude obstructionniste ».

Dans une interview à Radio Euskadi, recueillie par Europa Press, le ministre a assuré que le Gouvernement continue à travailler « chaque jour » pour obtenir l'inclusion des trois langues co-officielles dans le régime linguistique de l'UE, mais préfère le faire discrètement, car chaque fois qu'il y a des progrès, le PP s'active et appelle ses partenaires européens « avec de vraies absurdités pour tenter de les ruiner ».

Selon Albares, depuis que le Gouvernement a formulé sa demande en août 2023 dans le cadre de l'accord d'investiture avec Junts, « aucun État n'a manifesté son opposition », même si, étant donné qu'il faut l'unanimité, certains « ont demandé plus de temps » et grâce au travail bilatéral avec eux, certains « sont passés de l'abstention au oui actif ».

« À l'heure actuelle, il n'y a qu'une seule raison pour laquelle l'euskara n'est pas encore officiel dans l'UE et c'est à cause de l'effort absurde, irresponsable et fou du Parti Populaire avec certains de ses partenaires européens, avec de véritables canulars à ce sujet, pour empêcher les pays qui, dans leur esprit, font déjà l'unanimité, de franchir le pas », a dénoncé le ministre.

Comme il l'a toujours défendu lorsqu'on lui a posé des questions sur cette question et sur les délais possibles, Albares a souligné que « c'est une question de temps » et que « tôt ou tard » le catalan, le basque et le galicien seront les langues officielles de l'UE car le contraire serait, selon lui, « discriminatoire ».

C'est pour cette raison qu'il a expressément demandé au PP « d'abandonner cette attitude absolument obstructionniste et contraire à la Constitution espagnole », qui reconnaît les trois langues co-officielles, qui sont également utilisées « en toute normalité » tant au Congrès qu'au Sénat.

« De toute façon, avec ou sans leur aide, la seule chose qu'ils peuvent faire est de retarder un peu les choses », a-t-il souligné. « J'espère que le plus tôt possible nous pourrons tous le célébrer » car, a-t-il encore souligné, « ce n'est qu'une question de temps ».

D'autre part, le ministre a qualifié de « normale » la réunion que le président du gouvernement, Pedro Sánchez, et le Lehendakari, Imanol Pradales, tiendront ce mardi, soulignant qu'elle permettra « d'analyser des situations qui sont communes, des intérêts communs, et de voir comment ensemble, chacun dans le cadre de ses pouvoirs, nous pouvons avancer ».

PAS À L'ORDRE DU JOUR POUR L'INSTANT

À son tour, le secrétaire d'État à l'Union européenne, Fernando Sampedro, a minimisé le fait que cette question n'a pas été incluse dans le Conseil des affaires générales (CAG), une instance dans laquelle elle a été abordée à plusieurs reprises à la demande du gouvernement depuis la présentation de la demande.

« Le fait que ce ne soit pas à l'ordre du jour (…) ne signifie pas qu'on y accorde moins d'attention », a-t-il déclaré à son arrivée au CAG à Bruxelles, soulignant que « l'Espagne n'abandonnera jamais cette priorité » et soulignant que d'autres questions tout aussi importantes comme le cadre financier pluriannuel ne sont pas non plus à l'ordre du jour.

Selon Sampedro, l'actuel président chypriote ce semestre « est très clairement informé qu'il s'agit d'une priorité espagnole et que nous allons continuer à y travailler ». Concernant son inclusion dans le CAG, il s'est limité à souligner qu'« il s'agit d'une question de procédure qui se pose lorsqu'elle doit se produire », sans préciser si l'Espagne envisage de la porter lors de futures nominations.

Le secrétaire d'État a assuré que la question continue d'être abordée bilatéralement avec les pays réticents. Comme il l'a déclaré, lors d'un contact bilatéral tenu ce lundi, « la réponse a été très positive » et il a précisé que le Gouvernement est « optimiste » à cet égard.

Concernant l'accord de dialogue conclu avec l'Allemagne en octobre dernier sur cette question, compte tenu des réticences de Berlin à donner son aval au statut officiel des trois langues co-officielles, des sources gouvernementales ont précisé que « les contacts sont maintenus », sans entrer plus dans les détails.