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BRUXELLES, 20 janvier (EUROPA PRESS) –
La Commission européenne a présenté mardi une nouvelle stratégie antiraciste avec laquelle elle vise à renforcer l'application de la législation communautaire existante, à éliminer les barrières structurelles qui perpétuent la discrimination et à élargir la coopération avec les États membres et la société civile.
« Notre législation doit fonctionner dans la réalité et pas seulement sur le papier », a souligné la commissaire chargée de la préparation et de la gestion des crises et de l'égalité, Hadja Lahbib, lors d'une conférence de presse depuis Strasbourg, soulignant que l'objectif est de lutter contre le racisme « sous toutes ses formes ».
Le commissaire a défendu que l'adoption de cette stratégie répond à une « nécessité » de lutter contre ce phénomène « insidieux et destructeur » qui traverse toutes les étapes de la vie, et qui est particulièrement inquiétant « à l'heure où les valeurs démocratiques européennes sont sous pression ».
Parmi quelques exemples, il a rappelé que la population rom vit en moyenne huit ans de moins que le reste des citoyens européens et que près de la moitié des travailleurs d'origine africaine occupent des emplois en dessous de leur niveau de formation et de qualification, une situation qui, selon la Commission, représente une perte annuelle pouvant atteindre 13 milliards d'euros de croissance économique en raison du gaspillage de talents.
La stratégie s'articule ainsi autour de trois priorités, à commencer par renforcer l'efficacité de la législation existante, après que la Commission a vérifié que, malgré l'existence d'instruments tels que la directive sur l'égalité raciale depuis des décennies, son application continue d'être inégale et inefficace dans plusieurs pays.
Face à cette situation, l'Exécutif communautaire a indiqué qu'il examinerait de manière exhaustive la manière dont la directive est appliquée dans les différents États membres et présenterait un rapport contenant des propositions visant à renforcer les systèmes nationaux de sanctions, en promouvant des mesures plus dissuasives telles que des amendes effectives, l'exclusion des marchés publics ou la disqualification professionnelle.
La Commission a également identifié l'intelligence artificielle comme un nouveau domaine de risque, estimant que la complexité et le manque de transparence de certains systèmes automatisés rendent difficile la détection et la preuve des pratiques discriminatoires.
OBSTACLES À L’ACCÈS À L’EMPLOI OU AU LOGEMENT
Le deuxième axe de la stratégie vise à éliminer les barrières qui entravent l'égalité d'accès à l'éducation, à l'emploi ou au logement pour certains groupes, une forme de discrimination qui, selon Lahbib, n'est pas toujours visible, mais qui se produit continuellement à travers des décisions et des pratiques qui limitent leurs opportunités.
Pour lutter contre ces inégalités, Bruxelles a annoncé qu'elle lancerait cette année un projet en collaboration avec l'UNESCO visant à renforcer l'éducation antiraciste et à former les enseignants à détecter les préjugés, les stéréotypes, le harcèlement et les discours de haine dès le plus jeune âge.
Sur le lieu de travail, il est prévu d'intensifier la collaboration avec des entités spécialisées dans la diversité pour promouvoir des environnements de travail plus inclusifs, tandis qu'en matière de logement, des mesures seront promues pour lutter contre l'exclusion résidentielle et prévenir le sans-abrisme.
PLANS NATIONAUX DE LUTTE CONTRE LE RACISME
Le troisième axe du plan porte sur le renforcement de la coopération avec les États membres, puisque, selon Lahbib, seuls 14 pays de l'UE disposent de plans nationaux de lutte contre le racisme, un chiffre que la Commission juge insuffisant et qu'elle aspire à étendre à l'ensemble des Vingt-Sept à travers une plus grande coordination.
Au niveau budgétaire, l'Exécutif communautaire a annoncé son intention de doubler le Fonds européen pour l'égalité à 3,6 milliards d'euros dans le prochain budget à long terme de l'UE, dans le but de renforcer la lutte contre la discrimination et de consolider la cohésion sociale et démocratique dans l'Union.