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BRUXELLES, 19 janvier (EUROPA PRESS) –
La Cour des comptes de l'Union européenne (CCE) considère « irréalisable » l'objectif de conclure les liaisons de transport prioritaires engagées par l'UE d'ici 2030, y compris le Y basque du Corridor Atlantique qui doit relier l'Espagne au reste de l'Europe à travers les Pyrénées ; tout en prévenant que les coûts réels du réseau prioritaire ont grimpé en flèche.
« Les perspectives pour 2025 sont pires que celles de 2020 et sont très loin de ce qui avait été prévu initialement », préviennent les auditeurs dans leur rapport sur le rythme de développement du réseau transeuropéen de transport de base (RTE-T), qui comprend huit « mégaprojets », dont les corridors atlantique et méditerranéen, d'un intérêt particulier pour l'Espagne.
Lors d'une conférence de presse ce lundi, la responsable de l'évaluation de l'ECA, Annemie Turtelboom, a insisté sur le fait que la majorité des projets sont « loin d'être inaugurés trois décennies après leur conception », ce qui entrave l'objectif d'amélioration des flux de passagers et de marchandises par rail dans toute l'Union.
Interrogée sur les retards spécifiques dans le corridor atlantique pour unir les deux rives des Pyrénées, la représentante de la Cour des comptes européenne a reconnu que l'exécutif communautaire dispose de « pouvoirs limités » pour faire pression sur les États membres, même si elle estime qu'il pourrait « faire plus ».
L'étude indique une forte augmentation des coûts réels des projets et estime l'augmentation des investissements prévus à 82% par rapport aux chiffres des calculs initiaux. Selon les données fournies par la Cour des comptes, les projets RTE-T ont reçu 7,9 milliards d'euros supplémentaires de fonds européens depuis la précédente évaluation, en 2020, portant l'investissement décaissé jusqu'à présent à 15,3 milliards d'euros.
Dans le cas du lien entre le Y basque et la France, le retard officiel s'élève désormais à 20 ans par rapport à la date initialement estimée car l'ECA inclut 2030 dans le nouveau calendrier, qu'elle considère déjà irréalisable. Cependant, en 2023, le gouvernement français a choisi de reporter les investissements dans les connexions transfrontalières pour privilégier les investissements internes, ce qui laisse présager un nouveau retard dans ce domaine jusqu'en 2042 au moins, ce qui n'est pas inclus dans le rapport des auditeurs européens.