Le gouvernement et le secteur de la pêche conviennent de flexibilités dans l'application des nouveaux contrôles de l'UE


Bateau de pêche.

– GOUVERNEMENT DES ASTURIES

MADRID, 19 janvier (EUROPA PRESS) –

Le ministère de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation et le secteur de la pêche se sont mis d'accord sur des assouplissements dans l'application du règlement de contrôle des pêches dans le but de faciliter son application à la flotte de pêche en une journée marquée par la paralysie de l'activité des pêcheurs et des marchés sur tout le territoire national.

Concrètement, la secrétaire générale de la pêche, Isabel Artime, a tenu ce lundi une réunion avec des représentants de la Fédération nationale des corporations de pêcheurs (FNCP) et de la Confédération espagnole de la pêche (Cepesca) avec lesquels elle a analysé les difficultés soulevées dans l'application de certaines dispositions du règlement 2023/2024 de contrôle des pêches.

Il faut rappeler que le 10 janvier sont entrées en vigueur les obligations prévues dans l'application du nouveau règlement européen de contrôle des pêches, que la flotte nationale juge « impossible » de respecter, comme le journal de pêche électronique, la pesée des espèces à bord avec une erreur de 20 % ou l'obligation de communiquer son arrivée au port quatre heures avant.

De cette manière, le Département dirigé par Luis Planas et le secteur ont convenu de certaines flexibilités pour faciliter son application dans le but de trouver des solutions pour garantir un respect efficace et compatible avec le fonctionnement de la flotte.

Ainsi, le Secrétariat général de la pêche entreprendra des actions « urgentes » et une résolution sera adoptée pour établir que les erreurs ou omissions dans l'estimation des quantités dans le journal de bord du navire pour les espèces dont les captures sont inférieures à 50 kilos ne constitueront pas une infraction, à condition que la déclaration de débarquement comprenne le chiffre correct des quantités par espèce.

Par ailleurs, le Secrétariat Général des Pêches donnera des instructions spécifiques aux services d'inspection et de contrôle des pêches pour appliquer les dispositions de la résolution susvisée.

L'Espagne demandera également à la Commission de présenter une proposition visant à modifier le règlement de contrôle de manière à ce que les erreurs dans les inscriptions pour les quantités inférieures à 50 kilos par espèce ne constituent pas une non-conformité. De même, pendant que cette modification est en cours, il sera demandé à Bruxelles de modifier l'annexe IV du règlement 2023/2842 par un acte délégué, afin que ces erreurs ne puissent pas être considérées comme une infraction grave.

De cette manière, l'Espagne présentera les soi-disant « différents points » lors du prochain Conseil des ministres de l'Agriculture et de la Pêche de l'Union européenne, le 26 janvier, qui se tiendra à Bruxelles.

Concernant l'annotation des captures par opération de pêche, la même résolution indiquera que l'obligation de fournir des informations sur les captures par opération de pêche (visée à l'article 14.2.g) de la réglementation) sera réputée remplie lorsqu'elle est fournie au moins une fois par jour, avant l'entrée au port ou au lieu de débarquement.

Un autre point de la réunion a été la notification préalable, pour laquelle le Secrétariat Général des Pêches établira, dans la même résolution, que cette notification sera effectuée au moment où le navire met le cap sur le port, donc le délai pourra être inférieur aux quatre heures établies dans la réglementation.

Le Département a précisé que les exceptions à cette disposition sont les cas dans lesquels il existe des délais spécifiques de notification préalable ou pour les navires soumis à l'obligation de notification préalable.

Selon le ministère, au cours de la réunion, le secteur de la pêche a exprimé son engagement à collaborer pour appliquer ces mesures, tout en étant convenu de tenir une nouvelle réunion pour évaluer leur exécution.

LA FLOTTE PARALYSE SON ACTIVITÉ ET PROTESTE CONTRE LA SITUATION

Une réunion qui s'est tenue à Madrid un jour où tout le secteur de la pêche a paralysé son activité, les flottes ne sont pas sorties pêcher et les marchés aux poissons sont restés fermés, en signe de rejet des nouvelles mesures de contrôle de la pêche imposées par l'Union européenne (UE).

Ainsi, les pêcheurs ont manifesté ce lundi leur malaise face à ces changements et ont manifesté tout au long de la journée dans des ports comme La Corogne, Barcelone, Palma de Majorque, Cantabrie et Asturies, où la flotte a déploré le « gâchis » avec la réglementation communautaire de ces dernières années et la demande présentée par le gouvernement.

Ainsi, les personnes rassemblées à Barcelone ont montré des banderoles avec des messages tels que « Nous sommes des pêcheurs, pas des criminels » ou « Ils nous poussent à fermer », entre autres, tout en criant « la pêche unie ne sera jamais vaincue ».

Tandis que le président de la Fédération des corporations de pêcheurs de Cantabrie, César Nates, a applaudi l'union de « tout le secteur côtier » au niveau national « pour la première fois », quelque chose « qu'il n'avait jamais vu auparavant », puisque les 196 confréries espagnoles ont soutenu ces mobilisations.

De son côté, le principal patron de la confrérie du Ferrol, Gustavo Chacartegui, a prévenu que « le secteur n'en peut plus ». « Il n'y a pas de production, la consommation diminue et la TVA sur le poisson ne baisse pas, c'est pour cela que les gens consomment de moins en moins et quand ils vieillissent, la situation devient plus compliquée pour nous », a-t-il critiqué.