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MADRID, 9 janvier (EUROPA PRESS) –
Le principal parti d'opposition de gauche, La Francia Insumisa (LFI), a présenté ce vendredi une motion de censure contre le gouvernement du Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour protester contre l'inaction de l'exécutif français concernant l'accord au sein de l'Union européenne pour la signature de l'accord de libre-échange avec le Mercosur.
Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, les députés LFI accusent le président français Emmanuel Macron et son Premier ministre de « ne pas prendre les mesures nécessaires » pour « construire un front solide contre le Mercosur » et de « ne pas utiliser toutes les ressources à leur disposition pour bloquer l'accord ».
« L'humiliation de la France à Bruxelles n'est rien d'autre que le résultat de la stratégie du président de la République et de son Premier ministre », ont-ils exprimé dans un communiqué, ajoutant que l'accord avec le Mercosur « va exacerber une concurrence déloyale pour les agriculteurs européens ».
« Comment lutter contre les prix très bas des produits issus des immenses fermes industrielles du Brésil ou d'Argentine, qui n'ont pas les mêmes niveaux de salaires ni les mêmes normes sanitaires, environnementales et de bien-être animal ? » ils ont interrogé.
En réponse, Lecornu a critiqué la gauche, affirmant que présenter une motion de censure dans un tel contexte, c'est « choisir délibérément » d'« affaiblir la voix de la France au lieu de démontrer l'unité nationale dans la défense » de l'agriculture française.
« Cela retarde encore davantage le débat budgétaire, déjà bloqué par les mêmes partis politiques dans le cadre de l'agenda électoral, et envoie un très mauvais signal à l'étranger, à un moment où les tensions internationales exigent sérieux et cohésion et où la crise agricole rend urgente l'adoption des budgets », a-t-il soutenu.
En ce sens, le Premier ministre a souligné que le pays « mérite mieux » que les « postures partisanes cyniques » de l'opposition. « La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, comme prévu », a-t-il déclaré.
Le président du parti ultranationaliste français Rassemblement national (AN), Jordan Bardella, avait également annoncé la veille que son groupe présenterait une motion de censure contre le gouvernement face à « des années de négociations sans jamais défendre les intérêts français ».
Cela survient après que les 27 ont donné leur « feu vert » à la signature de l'accord commercial avec le Mercosur suite à l'approbation formelle des sauvegardes négociées en décembre pour renforcer la protection du secteur agroalimentaire européen.
L'approbation des États membres, malgré le rejet de pays comme la France et la Hongrie, intervient également au milieu des protestations des agriculteurs européens dans différentes capitales, ainsi que dans un contexte de blocage au Parlement français dans le cadre des négociations pour approuver les budgets pour 2026.