« Il y a un avant et un après »


Dossier – Le président de la Xunta, Alfonso Rueda, et le directeur général des Relations extérieures et de l'Union européenne, Jesús Gamallo, du Comité européen des régions.

– XUNTA – Archives

SANTIAGO DE COMPOSTELA, le 27 décembre. (EUROPA PRESS) –

Le directeur général des Relations extérieures de l'Union européenne (UE), Jesús Gamallo, confirme qu'il y a « un avant et un après » de l'entrée de l'Espagne dans l'UE et, par conséquent, l'impact qu'elle a eu pour la Galice. « Tout a changé », dit-il.

Dans une interview accordée à Europa Press, Gamallo considère cet effet comme « extrêmement positif », qu'il illustre par les progrès des infrastructures – routières et hospitalières, par exemple – mais aussi dans la formation de la population et même dans la « manière de travailler » dans l'administration.

Pendant cette période, souligne-t-il, la Galice a reçu plus de 32 milliards d'euros d'aide qui « ont changé la peau du pays ». En ce qui concerne le processus de convergence, il souligne que « beaucoup de progrès ont été réalisés » et que le produit intérieur brut (PIB) par habitant des Galiciens est désormais proche de celui des régions les plus riches d'Espagne.

Le PIB de la Galice est passé de 11 203 millions d'euros – 1 864 493 millions de pesetas – en 1986, année de l'entrée de l'Espagne dans l'UE, à 77 356 millions d'euros en 2023.

Mais, au-delà de la croissance économique, au cours de ces quatre décennies, l'aide européenne a été essentielle pour des secteurs comme celui des produits laitiers ou pour le développement du Camino de Santiago.

Précisément en vue de ce qui va se passer désormais, le directeur général des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) souligne que la proposition de la Commission pour le nouveau cadre financier « n'est pas satisfaisante » et revendique la « clameur unanime » des communautés pour qu'il soit modifié.

Face aux nouvelles priorités de dépenses, qui accordent un plus grand poids à la défense et à la sécurité, la Xunta exige de « pouvoir participer » tant à la planification qu'à l'exécution et au contrôle des fonds, et Gamallo souligne l'importance que l'aide aux zones rurales et de pêche a pour la Galice.

En revanche, du côté du commerce international, il met en garde contre les conséquences d'une politique tarifaire « agressive » : « Elle est préjudiciable au développement économique », prévient-il.

En ce sens, et compte tenu de la situation actuelle « quelque peu erratique » avec les mesures appliquées par des acteurs clés comme les États-Unis et la Chine, le chef des Relations extérieures du gouvernement galicien apprécie que l'UE essaie de rechercher de « nouveaux marchés » avec des accords comme le Mercosur.

Ainsi, selon lui, il ne s'agit pas seulement de « négocier avec les Chinois la baisse de ces droits de douane » – en référence à ceux annoncés sur les produits laitiers – mais aussi de trouver « des alternatives pour remédier à la situation ». « Il faut voir la situation dans son ensemble », dit-il.

La semaine dernière, le Parlement européen et la Commission espagnole ont présenté « Depuis 1986 » pour rendre compte du chemin parcouru au sein de l'UE et souligner le rôle important que joue l'Espagne dans la construction européenne.

CROISSANCE DU PIB ET PERTE DE POPULATION EN GALICE

En termes statistiques, ces 40 années dans l'UE reflètent une augmentation significative du PIB, qui a atteint 77,356 millions en 2023 ; tandis que la population de la communauté a diminué : en 1986 elle s'élevait à 2.844.472 habitants, tandis qu'en 2024 l'INE indiquait 2.705.833 citoyens.

Ce que reflète également l’INE, c’est l’augmentation de la population de la communauté ayant la nationalité d’un autre pays de l’UE. Concrètement, en 1998, il y avait 10 035 personnes en Galice dans cette situation et le même chiffre en 2022 était de 32 977 personnes, ce qui reflète une augmentation de 228,61 %.

Le tourisme a également augmenté son poids au cours de ces décennies et parmi les principaux pays émetteurs de l'UE, se distinguent la France (5%), l'Allemagne (4,9%) et l'Italie (4,4%). La consolidation du programme Erasmus se reflète également dans le « fichier » galicien, qui intègre les données de l'INE sur les mariages entre lesquels l'un des époux était espagnol et l'autre avait la nationalité d'un autre pays européen : en 2024, 262 ont été enregistrés.

IMPACT DE LA PAC ET D'AUTRES PROGRAMMES

Pour la campagne 2025, la PAC en Galice dispose d'un budget prévu de 224 millions d'euros, bénéficiant à quelque 23 000 agriculteurs et éleveurs. Sur ce total, environ 180 millions d'euros proviennent d'aides directes (FEAGA) et 44 millions d'euros du développement rural (FEADER).

La contribution de l'UE à plusieurs projets se distingue également, comme pour la consolidation et le développement des itinéraires du Camino de Santiago, comme 493.124 euros, provenant des fonds FEDER, pour le projet « Facedo Caminho » (avec un budget de 657.499,57 euros).

Parmi les principales actions figurent le développement d'itinéraires touristiques, la coopération transfrontalière et la promotion du tourisme durable.

Mais il existe d'autres programmes qui ont bénéficié de la coopération de l'UE, comme « PescadeRías » pour promouvoir le poisson et les fruits de mer de la flotte de pêche artisanale galicienne, pour la conservation des îles de l'Atlantique, les « Innovaugas », ou d'autres plans pour lutter contre l'abandon rural et installer les habitants dans les zones dépeuplées de Galice, ou pour améliorer la réponse aux urgences transfrontalières entre la Galice, Castille et León et le nord du Portugal.