PALMA, 10 (EUROPA PRESSE)
Le Comité européen des régions a approuvé l'avis « Pour un tourisme durable et résilient dans l'Union européenne : stratégie de gestion équilibrée et adaptative » préparé par les Îles Baléares.
La présidente du Gouvernement, Marga Prohens, s'est rendue à Bruxelles pour défendre un texte qui, comme l'ont confirmé des sources de l'Exécutif, a reçu l'approbation unanime de la séance plénière de ce mercredi après-midi.
Au cours de ses deux interventions, qui ont eu lieu dans l'hémicycle du Parlement européen, la présidente a défendu que l'avis est « une position politique sur l'avenir du tourisme européen » construite collectivement et soumise à un débat approfondi.
En outre, a-t-il souligné, cela arrive à un moment « clé » où la Commission européenne travaille sur sa nouvelle stratégie de tourisme durable.
Le texte, a-t-il expliqué, propose d' »affronter avec courage » les « tensions » dérivées du tourisme que subissent certaines régions européennes sur des questions telles que le logement, la mobilité, l'eau ou la cohésion sociale.
« Des millions de citoyens nous demandent quelque chose d'aussi simple que que le tourisme contribue à améliorer leur vie. C'est un engagement courageux de parler des limites, de corriger les externalités en matière de ressources, de cohésion ou de logement, de bien-être des citoyens et des travailleurs, d'innovation et de gestion intelligente », a souligné Prohens.
L'avis, qui a introduit cinquante amendements qui ont contribué à le rendre « plus fort, plus solide et plus ambitieux », représente un « tournant » sur trois sujets principaux.
Le premier, a énuméré le leader régional, car il place les citoyens au centre, « là où ils devraient toujours être ». « Le tourisme ne peut pas se mesurer uniquement en nombre d'arrivées ou en PIB. Le succès du tourisme européen doit être mesuré en fonction du bien-être qu'il génère et non en volume, et c'est une décision politique », a-t-il souligné.
Aussi parce qu'il introduit la gestion adaptative comme norme européenne, ce qui a été jugé nécessaire pour « corriger le cours » d'un « système complexe dans lequel chaque décision peut générer de grands impacts » comme dans le tourisme.
La troisième, parce qu'elle reconnaît la réalité homogène de l'Europe et en fait « une forteresse ». « Les îles, les régions ultrapériphériques, les zones agricoles ou de montagne et les côtes ont des réalités différentes de celles des zones urbaines », a-t-il souligné.
« Nous ne voulons pas que le tourisme se développe sans limites et à n'importe quel prix. Nous voulons un tourisme qui ne réactive pas les inégalités mais les répare, qui ne consomme pas le territoire mais en prend soin, qui n'épuise pas les ressources mais les régénère, qui respecte les identités et qui contribue à un projet européen plus fort », a-t-il souligné.
L'idée finale, a-t-il résumé, est d'avancer pour que l'Europe « comprenne que le tourisme n'est pas un problème mais qu'il peut faire partie de la solution » et de passer « de sa gestion à sa transformation ».
« Le tourisme du futur ne sera pas celui qui attirera plus de visiteurs mais plutôt celui qui générera un plus grand bien-être pour les citoyens », a-t-il déclaré.
L'ACTUALITÉ DE L'AVIS
A la sortie de la séance plénière, dans des déclarations aux médias, Prohens a exprimé sa satisfaction quant à l'approbation de l'avis « à l'unanimité de toutes les régions et de tous les groupes politiques ».
Le texte, a-t-il insisté, implique « une nouvelle façon de comprendre, de mesurer et de valoriser les bénéfices du tourisme » plus axée sur des questions qualitatives que quantitatives.
Parmi ses nouveautés, il a souligné la demande que l'Union européenne (UE) s'implique et finance les régions qui ont entamé une transformation de leur modèle touristique, comme c'est le cas des Îles Baléares.
Egalement l'introduction d'une clause d'insularité qui « oblige » l'UE à s'impliquer dans les politiques du logement, de la mobilité ou des transports.
14 MOIS DE TRAVAIL
Le président a rappelé les 14 mois de travail qu'a nécessité l'élaboration d'un avis que « de nombreuses régions voulaient diriger ».
« Mais depuis les îles Baléares, nous avons clairement indiqué que ce devait être nous, nous voulions mettre nos années d'expérience et notre leadership dans le tourisme pour influencer et diriger la future stratégie européenne », a-t-il ajouté.
La « plus grande satisfaction », a-t-il reconnu, a été de voir comment tous les groupes et régions se sont positionnés en faveur de l'avis et de l'introduction des amendements proposés.
« Ce n'est pas une opinion de philosophie mais elle va plutôt au concret, au détail, qui est courageux et parle de limites, de durabilité, de confinement, d'équilibre entre touristes, territoire et habitants », a-t-il souligné.
Lors de la défense de l'avis, était présent le directeur technique de la Fondation Impulsa Balears, Antoni Riera, qui a été l'un des experts qui ont participé à sa rédaction.
Prohens l'a remercié pour son « travail imbattable », ce qu'il a transmis aux ministres du Tourisme, de la Culture et des Sports, Jaume Bauzà, et du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Catalina Cabrer.
Il a également reconnu le travail de la directrice générale des Relations institutionnelles et des Relations avec le Parlement, Xisca Ramis, ainsi que des travailleurs et stagiaires du bureau des Îles Baléares à Bruxelles.