Orbán prévient l'UE qu'elle n'accueillera aucun migrant relocalisé ni ne versera d'indemnisation malgré l'accord de 27 ans

BRUXELLES, 8 (EUROPA PRESS)

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a qualifié d'« inacceptable » l'accord conclu lundi à 27 heures à Bruxelles pour la répartition de 21 000 relocalisations de migrants au cours du second semestre 2026 afin de soulager les pays les plus soumis à la pression, comme l'Espagne ; Dans le même temps, elle a prévenu qu'elle n'accepterait pas de délocaliser ni de verser les indemnités prévues pour les partenaires qui ne souhaitent accueillir aucun des demandeurs d'asile éligibles.

« Bruxelles a l'intention de forcer la Hongrie à payer encore plus ou à accueillir des migrants. C'est inacceptable », a défendu Orbán dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, par lequel il a également voulu préciser qu'il considérait que Budapest « dépense déjà assez » pour « protéger » la frontière extérieure de l'Union européenne.

Le président hongrois, qui cherche depuis un an à bloquer tout accord sur la politique migratoire au niveau européen, a ainsi proclamé que « la rébellion commence » contre le Pacte sur la Migration et l'Asile convenu par l'UE et dont la mise en œuvre doit être achevée par tous les États membres au plus tard en juin 2026.

« Nous n'accueillerons aucun migrant et nous ne paierons pas pour les migrants d'autrui. La Hongrie ne mettra pas en œuvre les mesures du Pacte sur les migrations », a-t-il souligné dans sa déclaration.

Interrogé sur ces déclarations, le commissaire à l'Intérieur, Magnus Brunner, a prévenu lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion des ministres de l'Intérieur que le Pacte sur la migration et l'asile sur lequel reposent ces réglementations est « contraignant » pour tous les Etats membres.

« La solidarité est flexible, mais elle est obligatoire », a insisté Brunner, qui a rappelé que les gouvernements peuvent « choisir » le type de contribution avec laquelle ils participent à ce mécanisme appelé « solidarité », soit en accueillant une partie des migrants relocalisés, soit avec une contribution financière ou avec des mesures alternatives.

Le commissaire a également souligné que lors des débats de ce lundi au niveau des ministres, la Hongrie était « au moins » d'accord avec « 50% » de ce qui a été discuté, en référence à la position des 27 sur la réforme de la directive retour par laquelle ils défendent la création de centres d'expulsion dans des pays tiers, sur le modèle que l'Italie a essayé avec l'Albanie.

RÉPARTITION DES DÉMÉNAGEMENT D'ESPAGNE ET D'AUTRES PAYS

Orbán a réagi de cette manière à l'un des éléments convenus ce lundi par les ministres de l'Intérieur de l'UE à Bruxelles, où ils ont convenu d'assouplir les règles sur les pays tiers sûrs et les conditions de retour pour accélérer les expulsions des demandeurs d'asile qui se voient refuser l'accueil, par exemple en ne rendant plus obligatoire la « connexion » entre le migrant et le pays vers lequel il est renvoyé ou en validant des accords bilatéraux pour externaliser l'accueil comme l'Italie a tenté avec l'Albanie.

Dans le cadre de ces positions, que l'Espagne rejette mais n'a pas pu arrêter, les 27 ont également conclu un accord pour lancer en juin prochain le mécanisme de solidarité par lequel seront établis des quotas de relocalisation des migrants entre les États membres de ceux qui subissent une plus grande pression migratoire.

Cet instrument ne démarrera que lorsque le Pacte sur les migrations sera pleinement en vigueur – en principe en juin prochain – et que Bruxelles aura identifié pour la première fois que les pays qui pourront demander la solidarité de leurs partenaires sont l'Espagne, l'Italie, la Grèce et Chypre ; car ces quatre pays subissent une plus grande pression migratoire.

L'Exécutif communautaire peut proposer la relocalisation de jusqu'à 30 000 migrants chaque année, avec la possibilité pour les pays les plus réticents à accueillir certains de ces personnes de proposer des mesures compensatoires alternatives jusqu'à un maximum de 600 000 millions d'euros.

Cependant, la répartition convenue par les gouvernements – l'Espagne s'abstenant – réduit ce quota à un total de 21 000 relocalisations ou des mesures compensatoires pouvant atteindre 420 000 millions d'euros. Ce quota correspond à 2026, mais ne couvrirait que le deuxième semestre puisque le Pacte ne sera pas pleinement en vigueur avant.

Bien que les chiffres mondiaux aient été publiés, le nombre de pays ayant accepté d’héberger des personnes relocalisées et le nombre de pays ayant proposé de verser des indemnisations ou des mesures alternatives restent confidentiels et ne seront pas connus avant leur adoption formelle et leur publication, probablement avant la fin de 2025.