Le Parlement européen exige la libération « immédiate » de l'écrivain Boualem Sansal

BRUXELLES, 23 janvier (EUROPA PRESS) –

Ce jeudi, le Parlement européen a exigé de l'Algérie la libération « immédiate et inconditionnelle » de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, détenu depuis novembre pour terrorisme, et du journaliste Abdelwakil Blammm, accusé en janvier d'appartenance à une organisation terroriste.

La résolution, approuvée par 533 voix pour, 24 contre et 48 abstentions, appelle également à la libération de tous les militants, journalistes, défenseurs des droits de l'homme et des personnes détenues pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression dans ce pays africain.

De même, le texte rappelle que l'association UE-Algérie repose « sur les progrès constants et substantiels de l'Algérie dans le respect de l'Etat de droit ». Les députés ont ainsi souligné que cette priorité a un impact « sur tous les futurs décaissements de fonds » du bloc communautaire vers le pays.

Sansal a été arrêté mi-novembre à Alger à son retour de France après avoir tenu des propos controversés sur la colonisation. Les autorités accusent l'écrivain d'avoir commis « des actes terroristes ou subversifs contre la sécurité de l'Etat ».

De son côté, Blammm – fondateur du mouvement civil Barakat, en opposition au régime autoritaire du président algérien de l'époque Abdelaziz Bouteflika – a été arrêté fin décembre à Alger, accusé de diffusion de fausses nouvelles, d'atteinte à la sécurité nationale et d'appartenance à une organisation terroriste. .

L'Algérie se classe 139e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2024, en partie grâce à un amendement au Code pénal adopté en 2020 qui autorise l'emprisonnement des journalistes pour diffusion de « fausses nouvelles », de « discours de haine » ou pour avoir causé du tort. sécurité de l'État », souvent utilisée contre la presse comme méthode d'autocensure.

Selon l'ONG Reporters sans frontières (RSF), une autre loi sur la communication adoptée en 2023 a introduit de nouvelles restrictions et sanctions contre la presse, interdisant également aux médias algériens de bénéficier de tout financement étranger.