L'Espagne, l'Allemagne et quatre autres pays de l'UE proposent de lever les sanctions contre la Syrie


Le chef du groupe jihadiste syrien Hayat Tahrir al Sham (HTS), Ahmed Hussein al Shara, dit Abu Mohamed al Golani – TÉLÉGRAMME HAYAT TAHRIR AL SHAM

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BRUXELLES, 14 janvier (EUROPA PRESS) –

L'Espagne, ainsi que l'Allemagne et quatre autres pays de l'Union européenne, proposent que le bloc européen œuvre à la levée de certaines sanctions économiques, financières et énergétiques contre la Syrie, en vue d'améliorer la situation de la population civile, même si elles conditionnent toute décision à une transition pacifique et inclusive sur le terrain.

Compte tenu de la chute du régime de Bachar al Assad et des mesures prises par les nouvelles autorités syriennes, dirigées par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al Sham (HTS), un groupe de pays composé de l'Allemagne, de l'Espagne, de la France, des Pays-Bas, de la Finlande et Le Danemark, à l'initiative de l'Allemagne, plaide pour que les sanctions européennes soient un outil pour promouvoir une transition politique pacifique et inclusive en Syrie, qui protège les minorités du pays.

Comme l'a appris Europa Press, l'initiative s'appuie sur le document préliminaire conçu par Berlin il y a une semaine dans lequel il est proposé de lever les sanctions contre les secteurs de l'énergie, de l'électricité, des transports ou des banques, étant entendu que ces restrictions ont un grand impact sur la population civile syrienne.

D'autre part, la proposition appelle au maintien de mesures punitives contre des individus spécifiques liés au régime d'Al Assad. L'UE compte plus de 300 personnes et 80 entités sur sa « liste noire » pour la répression lancée par Damas contre sa propre population après la guerre civile qui a éclaté dans le pays en 2011.

Pour lever les restrictions, ces pays soulignent qu'il sera important de juger les actions entreprises par les nouvelles autorités en Syrie et évoquent l'idée d'un mécanisme pour rendre réversible l'allègement des sanctions, afin qu'elles puissent être rétablies en cas de problème. est une tournure des événements sur le terrain.

En tout cas, la démarche sera portée à la table des ministres des Affaires étrangères des 27 lors de la réunion fin janvier à Bruxelles où l'on espère parvenir à un principe d'accord politique pour avancer sur l'allègement de certaines sanctions. Concernant les étapes que l'UE fixera pour revenir sur ses actions, le débat entre ministres doit justifier les lignes rouges que l'UE fixe, en coordination avec le Service d'action extérieure du bloc pour élaborer une position commune sur Damas.

Concernant les sanctions contre HTS, qui est actuellement considérée comme une organisation terroriste par l'UE et sanctionnée par les Nations Unies pour ses relations avec Al-Qaïda, ces pays sont ouverts à une éventuelle exclusion de la liste des sanctions de l'ONU, soulignant qu'elle est dans le Conseil de sécurité où la question doit être abordée. Cette mesure sera prise en fonction de l'évolution des événements en Syrie et du comportement du groupe au passé djihadiste, comme le rappellent diverses voix à Bruxelles.

Ce même lundi, le ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, a expliqué que l'Espagne était disposée à soutenir la levée des sanctions de l'UE contre la Syrie, à condition que les nouvelles autorités respectent une série de lignes rouges, comme le respect de les droits des femmes ou des minorités ethniques dans le pays. Ce jeudi précisément, Albares se rend à Damas pour rencontrer les autorités de transition dirigées par Ahmed al Shara.

Par ailleurs, la haute représentante de l'UE pour la politique étrangère, Kaja Kallas, s'est également prononcée en faveur de la prise de mesures par les 27 pour un « allègement progressif » des sanctions contre la Syrie, s'il y avait des « progrès tangibles » pour la transition démocratique.